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Le changement climatique et l’assurance des particuliers

 


Le changement climatique et l’assurance des particuliers Une distinction importante existe entre la météo et le climat. La météo rend compte à court terme des différents phénomènes et conditions environnementaux, notamment la température, le vent, les précipitations, l’humidité et même la pression atmosphérique. Le climat vise les phénomènes météorologiques au cours d’une plus longue période (généralement 30 ans ou plus). Par conséquent, le terme « changement climatique » se réfère à des changements à long terme dans le comportement de la météo. Étant donné que les températures moyennes de la planète ont augmenté continuellement depuis plus de cent ans, c’est un fait que notre climat est en train de changer. Lorsque des événements météorologiques se produisent, ils peuvent parfois être identifiés comme des exemples de changement climatique s’ils présentent les mêmes caractéristiques que les tendances climatiques à long terme. Que vous croyiez ou non au changement climatique, même les sceptiques les plus ardents reconnaissent maintenant que le monde se réchauffe rapidement, que le niveau de la mer augmentera en raison de la fonte des calottes glaciaires polaires, et que la fréquence et la gravité des événements environnementaux catastrophiques continueront probablement à augmenter.

Du point de vue scientifique, tout se résume à la quantité de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre (GES) libérée dans l’atmosphère. Un effet de serre normalisé est en fait bénéfique pour nous, car il aide à garder la planète chaude tout en offrant un environnement accueillant, nécessaire pour maintenir la vie sur terre. Cependant, les émissions de GES peuvent également nuire à l’équilibre délicat de la nature et à la capacité de l’atmosphère à refléter la chaleur et à la retenir. Il a été démontré que la présence de plus grandes concentrations de GES dans l’atmosphère conduit à une rétention accrue de chaleur.

Certaines des sources de ces GES sont bien connues et évidentes, comme la consommation de combustibles fossiles pour la production d’électricité, le transport, l’industrie et le chauffage résidentiel ou commercial. Cependant, l’agriculture et en particulier la pratique de l’élevage du bétail pour la viande est également un important producteur d’émissions de GES. Cela s’explique par le fait que le méthane et l’oxyde de diazote provenant de l’élevage et d’autres sources retiennent la chaleur dans l’atmosphère beaucoup plus efficacement que le dioxyde de carbone, soit 296 fois plus efficacement dans le cas de l’oxyde de diazote et 23 fois dans le cas du méthane.

En fait, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture rapporte que le secteur de l’élevage contribue pour environ 18 % aux émissions mondiales de gaz à effet de serre chaque année. Les bonnes nouvelles sont que le méthane se dissipe naturellement de l’atmosphère en moins de temps que le dioxyde de carbone – typiquement seulement 10 à 12 ans. Les mauvaises nouvelles sont que l’oxyde de diazote persiste dans l’atmosphère pendant environ 114 ans et que les populations de bétail augmentent à cause du nombre accru de personnes de la classe moyenne, en développement dans le monde entier, qui choisissent de manger de la viande, ainsi qu’en raison de la demande croissante. Le méthane existe aussi sous forme d’hydrates de méthane sur le fond océanique.

Ces gisements sont stables à des températures moins élevées. Cependant, à mesure que le monde se réchauffe et que les océans deviennent aussi plus chauds, une quantité accrue de méthane pourrait également être libérée dans l’atmosphère à partir des gisements de méthane subaquatiques.

À en croire les résultats de la 21e Conférence des Parties (COP21), le réchauffement climatique peut être limité à 2 degrés Celsius ou moins d’ici 2100 si les mesures convenues sont prises. Mercer suggère dans son rapport, Investir en période de changements climatiques, qu’afin de limiter le réchauffement planétaire à une augmentation de 2 degrés Celsius par rapport aux températures de l’époque préindustrielle d’ici 2050, les mesures suivantes seraient nécessaires :

  • Mesures vigoureuses visant l’atténuation du changement climatique : pic des émissions avant l’an 2020, suivi par une chute de 56 % par rapport aux niveaux de 2010, d’ici 2050.
  • Les combustibles fossiles devraient représenter moins de la moitié du bouquet énergétique d’ici 2050.
  • Émissions annuelles estimées de 22 gigatonnes d’équivalent de dioxyde de carbone (GtéqCO2) d’ici 2050 – en 2015, les émissions réelles ont représenté 35,9 gigatonnes.

Cela semble beaucoup demander quand on tient compte du fait que l’investissement cumulatif dans l’approvisionnement et l’efficacité énergétiques (anciens combustibles fossiles) requis au cours de la période 2016-2050 afin d’atteindre cet objectif serait d’environ 65 mille milliards de dollars américains. Étant donné la quantité de GES déjà présente dans l’atmosphère, il est également probable que de nouvelles technologies de capture du carbone ou de génie climatique seraient aussi nécessaires pour contribuer à l’inversion de la tendance.

Que représente donc le changement climatique pour la plupart des Canadiens?

En regardant les nouvelles, nous voyons régulièrement des rapports concernant des événements environnementaux extrêmes. Les températures sont certainement plus chaudes dans l’ensemble, avec des alternances entre des périodes de quantités record de précipitations et des conditions de sécheresse – notre climat est rendu plus violent et imprévisible, caractérisé par des événements destructeurs de plus en plus fréquents, ce qui nous impose un fardeau supplémentaire du point de vue de la préparation adéquate contre les risques.

  • Tempêtes – Les Canadiens connaissent de nombreux types de tempêtes, notamment les tempêtes de neige, la grêle, les pluies abondantes, les tempêtes de verglas, la foudre, les orages et le vent. Lorsqu’elles sont suffisamment violentes, ces tempêtes peuvent menacer la vie et les biens. Assurez-vous de chercher un refuge approprié pour rester en sécurité lorsque vous prenez connaissance d’une tempête imminente.
  • Inondations – Les récentes inondations massives en Alberta, au Manitoba et en Ontario ont souligné la nécessité d’améliorer les garanties existantes de protection contre les dommages causés par l’eau. Comme la plupart d’entre vous le savent peut-être, les garanties de protection contre les dommages causés par l’eau n’étaient pas offertes auparavant au Canada. Cela est principalement dû au fait que, jusqu’à récemment, les plus récentes cartes des inondations au Canada se basaient sur des données datant de plus de 40 ans et les assureurs n’étaient pas prêts à assurer le risque en s’appuyant seulement sur ces renseignements. Par conséquent, le Bureau d’assurance du Canada a mené une initiative visant à mettre à jour les cartes des inondations et, maintenant, plusieurs assureurs au Canada offrent une garantie. La garantie contre les dommages causés par l’eau de surface offre une assurance contre les dommages causés par l’écoulement d’eau douce sur votre propriété à partir de sources de surface, comme les lacs et les rivières. Elle complète naturellement les garanties standard de protection contre les dommages causés par l’eau et le refoulement d’égouts, qui sont généralement offertes par votre assureur.
  • Incendies – Fort McMurray offre l’exemple le plus récent et le plus évident de dommages causés par le feu, qui sont très probablement attribuables au changement climatique. Pendant de nombreuses années, les écosystèmes régionaux partout au Canada maintenaient leur équilibre grâce à une quantité suffisante de précipitations qui prévenaient les feux incontrôlés à grande échelle. Toutefois, en cas de sécheresse, les zones boisées deviennent plus susceptibles de s’enflammer par suite de causes naturelles ou d’origine humaine. Si un incendie se produit dans votre région, tenez compte des ordres d’évacuation émis et privilégiez votre sécurité.
  • Tremblement de terre – Bien que ce risque ne soit pas lié au changement climatique, il est souvent négligé au Canada, où plusieurs régions sont classées comme présentant un risque sismique au moins modéré. Rappelez-vous que les primes liées aux risques sismiques sont calculées en fonction de l’endroit où vous vivez et le risque correspondant. Par conséquent, si vous avez la chance de vivre dans une zone à faible risque, vous allez probablement payer une prime relativement petite pour une grande tranquillité d’esprit.

La leçon que nous devrions tirer des événements environnementaux liés au changement climatique est qu’il vaut mieux être préparé :

  • Faites attention aux risques de dommages à vos biens en raison de l’emplacement et tenez-en compte – par exemple, en cas de risque élevé d’inondations ou de feux incontrôlés.
  • Examinez des moyens de mettre votre propriété à l’épreuve des intempéries :
    • Vérifiez que le débit d’eau n’est pas dirigé vers la fondation.
    • Installez des clapets anti-refoulement pour prévenir le refoulement d’égouts.
    • Couvrez les encadrements de soupirail pour empêcher l’écoulement de l’eau dans votre maison.
  • Envisagez d’installer des bardeaux ignifuges si votre maison présente des risques accrus de feux incontrôlés.
  • N’oubliez pas de vous préparer en vue des pannes de courant possibles grâce à un plan et à une trousse d’urgence, et privilégiez la sécurité lorsque des catastrophes se produisent.

Étant donné le nombre croissant de nouvelles signalant des événements météorologiques extrêmes, il n’est pas étonnant que les gens observent un lien entre ces rapports et le changement climatique. Du point de vue de la couverture d’assurance, il n’a pas vraiment d’importance si le changement climatique est à blâmer ou non, mais seulement que les événements liés aux risques environnementaux deviennent probablement de plus en plus fréquents et destructeurs.

N’oubliez pas de faire examiner votre protection contre le risque par un professionnel d’assurance. Les assurances des risques liés aux changements climatiques sont principalement des assurances des biens standard avec quelques ajouts notables, comme la garantie contre les dommages causés par l’eau de surface. Vous devez juste vous assurer que les inclusions et les limites de garantie sont adéquates pour vos besoins en matière de protection.