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RECHERCHES ET BULLETINS

Est-ce la fin de la mondialisation?

 


Les événements politiques de 2016 ont donné lieu à un essor du nationalisme et du populisme à l’échelle mondiale. En outre, à cause du ralentissement mondial de la croissance économique et commerciale, l’intégration internationale est peut-être déjà stagnante et la tendance pourrait s’inverser au cours de la prochaine décennie. Les sociétés multinationales devraient se préparer aux implications potentiellement graves en analysant avec soin les menaces politiques dans les pays où elles exercent leurs activités.

À mesure que la résistance à la mondialisation se renforce, le nationalisme et le populisme gagnent en popularité

L’insatisfaction à l’égard du libre-échange, de l’immigration et de l’effacement perçu des identités nationales n’a cessé de gagner du terrain dans le monde occidental depuis la crise financière mondiale de 2008-2009 et la crise de la dette de la zone euro de 2011-2012.

Influencés par des partis politiques présentant des programmes protectionnistes, plusieurs élections et scrutins récents ont soulevé des inquiétudes liées au populisme.

Parmi eux, le vote du Royaume-Uni pour la sortie de l’UE et l’élection de Donald Trump, qui a gagné grâce à la plateforme contre-pouvoir fortement axée sur un programme nationaliste. En même temps, la Chine, le Japon, l’Inde, la Russie et la Turquie sont dirigés par des leaders qui, pour beaucoup de gens, représentent les leaders les plus nationalistes et protectionnistes depuis des décennies.

De tels sentiments sont exposés dans la Carte des risques politiques 2017 de Marsh. S’appuyant sur les analyses annuelles menées de façon indépendante par BMI Research, la Carte des risques politiques de Marsh présente une vision globale des problèmes auxquels font face les sociétés multinationales et les investisseurs.

Sur la carte, les pays sont notés sur 100 en fonction de la stabilité politique et économique. Plus la note est élevée, plus le pays est stable. Cette cotation permet de voir les pays où des risques sont les plus susceptibles de se produire, ainsi que de comprendre les aspects dont il faut tenir compte dans chaque pays où les sociétés multinationales exercent leurs activités. Sur la base de cette méthodologie, l’indice de risque économique à court terme de la Russie a baissé d’environ 6 % par rapport à l’année précédente. Dans le cas de la Chine, du Japon, de l’Inde, de la Turquie et même du Royaume-Uni, les indices de risque économique à long terme ont chuté de jusqu’à 10 %.

Cette conjoncture économique à la baisse est en partie attribuable à une croissance affaiblie, provoquée possiblement par le ralentissement du commerce à l’échelle mondiale et des mesures nationalistes accrues.

Alors que nous songeons aux prochaines élections de l’année 2017, nous nous attendons à ce que le populisme joue un rôle central dans plusieurs pays, dont la France, l’Allemagne et les Pays-Bas, des pays qui ont été également touchés par la crise actuelle des migrants en Europe et par des attaques terroristes en 2015 et 2016.

Bien que les facteurs économiques aient été les principales causes de la montée des partis politiques populistes, les inquiétudes croissantes entourant l’immigration et la sécurité ont aussi profité aux programmes favorisant le protectionnisme. Cependant, étant donné le caractère interdépendant et international de nombreuses sociétés multinationales, les mesures protectionnistes qui limitent le commerce entre pays auront des conséquences sur les entreprises partout dans le monde.

Selon les données de Global Trade Alert, le nombre des mesures commerciales documentées, qui sont « presque certainement discriminatoires à l’égard des intérêts commerciaux étrangers », est passé à 412 dans tous les pays en 2015, soit une augmentation de 72,4 % par rapport à 2014 et un chiffre qui dépasse le total enregistré au cours des quatre années précédentes. Pendant ce temps, les politiques commerciales « protectionnistes » ont augmenté de 50 % en 2015. Sans surprise, selon les données du FMI du mois d’octobre 2016, la croissance du commerce mondial aurait dû décélérer pour se chiffrer à 3,1 %, avec un léger rétablissement à 3,4 % en 2017.

Si les politiques commerciales des États-Unis deviennent considérablement protectionnistes ou si les négociations du Royaume-Uni dans le cadre du Brexit ont une incidence négative sur le commerce en Europe, il peut y avoir une réaction en chaîne au niveau des accords commerciaux, qui risquent de s’effondrer à l’échelle mondiale.

Si les forces populistes prennent le pouvoir dans la plupart des grandes puissances économiques, et qu’elles consolident leur position tout en refusant de faire des compromis, les impacts potentiels pourraient comprendre les aspects suivants :

  • Anéantissement des accords commerciaux existants.
  • Resserrement important des règles en matière de voyage et d’immigration.
  • Division des institutions mondiales sur le plan régional.

Même si le ralentissement du commerce mondial et de la croissance économique aura sans doute un impact sur le revenu des entreprises, les entreprises devraient également se préparer à un éloignement de la mondialisation.

Recommandations destinées aux sociétés multinationales

Nous recommandons aux entreprises de se préparer en vue des possibles répercussions des aspects suivants :

  • Augmentation des coûts liés aux chaînes d’approvisionnement et nécessité de reconsidérer le choix des fournisseurs en raison de la hausse des tarifs et d’autres barrières commerciales.
  • Législation plus stricte dans les pays où elles exercent leurs activités.
  • Exposition accrue des investissements directs à l’étranger aux risques politiques, et augmentation des risques de perte d’exploitation et de crédit commercial.
  • Davantage de restrictions visant la circulation entre pays, qui auront une incidence sur les employés.

Pour tenir compte des répercussions complexes du « pic de la mondialisation », les entreprises peuvent se préparer en recueillant de manière officielle des documents sur les pays avec lesquels elles interagissent, qu’ils soient liés aux investissements, aux employés ou aux chaînes d’approvisionnement, ainsi qu’en évaluant les risques économiques et opérationnels connexes à l’aide des indices présentés dans des outils comme la Carte des risques politiques 2017 de Marsh.

Il y aurait lieu également de prévoir une couverture d’assurance qui permet de transférer les risques associés aux règlements commerciaux plus protectionnistes et au contexte géopolitique plus volatil des activités menées à l’étranger.

Les forces populistes ont récemment dépassé toutes les attentes. Les entreprises devraient voir au-delà des prévisions communes et se préparer à un plus grand nombre de résultats potentiels et de scénarios de risques opérationnels. Elles devront également revoir leur perception du risque, surveiller les évolutions mondiales qui auront des répercussions futures, ainsi que se préparer à adapter leurs modèles opérationnels à un contexte « post-mondialisation » qui risque d’être très différent.