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RECHERCHES ET BULLETINS

Défibrillateurs sur site : avantage ou fardeau?

 


Selon Statistique Canada, près de 40 000 arrêts cardiaques surviennent chaque année au pays, soit un toutes les 12 minutes,1 ce qui représente 29 % du nombre total de décès au Canada.

Bien que les études montrent que les arrêts cardiaques surviennent le plus souvent au domicile, les établissements collectifs, tels que les entreprises privées, les centres commerciaux et les complexes sportifs, sont également signalés comme des zones à haut risque.2

En Ontario, la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) rapporte une moyenne de 200 déclarations relatives à des crises cardiaques en milieu de travail lors des trois dernières années. Ces données montrent qu’une entreprise de 200 employés d’un âge moyen de 40 ans peut s’attendre à au moins un arrêt cardiaque sur place par an.3

Puisque moins de 5 % des victimes de crise cardiaque4 survivent à un arrêt hors de l’hôpital, l’installation de défibrillateurs externes automatisés (DEA) représente une stratégie efficace pour contribuer à augmenter les chances de survie.

Une étude de 2004 parue dans le New England Journal of Medicine explique que la formation de bénévoles et du personnel, ainsi que la mise à disposition de l’équipement adéquat pour procéder à la défibrillation rapide dans le cadre d’un système de réponse structurée peut augmenter les chances de survie après un arrêt cardiaque dans un endroit public.4

Problèmes de responsabilité civile

Une des barrières les plus importantes à l’installation de DEA en milieu de travail est, sans surprise, la responsabilité civile. Au Canada, bon nombre de provinces ont adopté une « loi sur le bon samaritain » qui limite légalement les types et la portée des actions en justice pour négligence autorisées dans un tribunal, à l’encontre des non-spécialistes qui offrent des soins médicaux d’urgence.

En Ontario, on a adopté la Loi Chase McEachern de 2007 après le décès tragique d’un garçon de 11 ans. Cette loi, également connue en tant que Loi sur la responsabilité civile liée aux défibrillateurs cardiaques (2007), protège la responsabilité civile des personnes qui portent assistance à quelqu’un au moyen d’un défibrillateur, soit en l’utilisant eux-mêmes, soit en le mettant à disposition, dans une situation d’urgence (sous certaines conditions). D’autres provinces, comme le Manitoba, vont encore plus loin en rendant obligatoire l’installation de DEA dans les espaces publics. Les propriétaires de lieux désignés par la Loi sur l’accès du public aux défibrillateurs du Manitoba devront installer des DEA dans leurs locaux avant le 31 janvier 2014.

Aux États-Unis, l’intégralité des 50 États ont adopté une législation de bon samaritain en offrant au moins de l’immunité aux non-spécialistes qui participent à des opérations de sauvetage. Au niveau fédéral, la Cardiac Arrest Survival Act de 2000 (loi sur la survie aux arrêts cardiaques) est la première législation aux É.-U. qui reconnait le rôle de sauveur de vies des DEA. Elle souligne l’importance de l’utilisation de ces appareils par les non-spécialistes et complète les lois sur les bons samaritains en offrant une protection fédérale de la responsabilité civile aux personnes qui ont suivi une formation à l’utilisation des DEA.

Depuis 2010, tous les États des États-Unis ont édicté des lois régissant l’accès public aux défibrillateurs.6 L’American Hospital Association recommande que tous les États offrent l’immunité en matière de responsabilité civile aux sauveteurs non-spécialistes qui agissent de bonne foi, sans rémunération particulière, comme le feraient en cas d’urgence des personnes raisonnables et prudentes bénéficiant d’un niveau de formation similaire. Il est intéressant de noter que, si on analyse les implications légales et l’exposition à la responsabilité civile associées aux DEA, des problèmes apparaissent principalement en raison de l’absence de DEA et de personnel formé sur les lieux en cas d’arrêt cardiaque.5


1 Fondation des maladies du coeur et de l’AVC. (2011). Énoncé position : Accès public à la défibrillation externe automatisée (DEA). Extrait le 5 avril 2013 sur : https://resuscitation.heartandstroke.ca/fr/lignes_directrices_%C3%A9nonc%C3%A9s_de_position/%C3%A9nonc%C3%A9s_position/DEA

2 Public Access Defibrillation Trial Investigators. (2004). Public Access Defibrillation and Survival after Out of Hospital Cardiac Arrest. N Engl L Med 2004;351;637-

3 Statistiques de la Fondation des maladies du coeur et de l’AVC. Extrait le 5 avril 2013 sur : https://resuscitation.heartandstroke.ca/fr/lignes_directrices_%C3%A9nonc%C3%A9s_de_position/%C3%A9nonc%C3%A9s_position/DEA

4 Weisfeldt, M.L., Everson-Stewart, S., Sitlani, C., Rea. T. et autres. Ventricular Tachyarrhythmias after Cardiac Arrest in Public versus at Home. N Engl J Med 2011;364;313-21.

5 Gilchrist, S., Schieb, L., Mukhtar, Q., Valderrama, A., Yoon, P., Sasson, C., et autres. A Summary of Public Access Defibrillation Laws, United States, 2010. Prev Chronic Dis 2012;9;110196.

6 Konig, B., Benger, J., et Goldsworthy, L. Automatic external defibrillation in a 6 year old. Arch Dis Child 2005;90;310-311.