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Risques en contexte

Les navires entièrement autonomes sont-ils la clé pour réduire les erreurs humaines?

Publié par Stephen Harris 23 Juin 2017

De nouvelles technologies ont déjà permis une meilleure automatisation des processus de transport, facilitant par ce fait même la navigation et la surveillance des conditions sur les navires et des bâtiments de navigation qui l’entourent. Or récemment, un grand intérêt est porté à la construction potentielle de navires commandés à distance qui éventuellement pourraient évoluer pour être entièrement autonomes d’ici quelques dizaines d’années.

L’erreur humaine est souvent citée comme l’une des causes principales de pertes maritimes et l'on estime largement qu'elle est un facteur contributif dans plus de 70 % de l’ensemble des accidents qui surviennent en mer. La technologie autonome a un grand potentiel dans le domaine de la navigation. Elle permettrait de réaliser des économies, d’améliorer la surveillance des navires et d’augmenter le niveau de sécurité des travailleurs, mais pourrait-elle également permettre de réduire les erreurs humaines?

La technologie autonome augmenterait-elle ou diminuerait-elle le risque lié aux erreurs humaines?

L’innovation se traduit par autant de questions que de réponses. Il est difficile de déterminer si le fait de commander un navire à distance aurait un impact positif ou négatif sur l’erreur humaine  tant que ce dernier n’a pas été testé en profondeur.

En théorie, plus l’automatisation est élevée, plus le risque d’accident devrait diminuer. Mais en pratique, il se peut que la théorie se révèle erronée.  Il est probable que la « technologie de drones » soit d’abord utilisée à bord de navires qui sont commandés à distance par un pilote et un équipage situés sur la côte maritime. Pour ce qui est de la fabrication et de l’utilisation de navires entièrement autonomes, il y a de fortes chances que nous devions encore patienter un bon moment.

La commande à distance de navires (probablement une étape intermédiaire vers l'objectif final qui est de fabriquer des  navires entièrement automatisés) nécessitera que les capitaines reçoivent une formation approfondie et soient capables de commander les navires depuis un lieu éloigné, en se servant de nouveaux systèmes et d'une nouvelle technologie, des aptitudes qui sont très différentes de celles que possèdent les marins traditionnels. Les organismes de réglementation et les assureurs se questionneront certainement sur la capacité de réaction et de détection rapide des risques par les capitaines qui commandent leurs navires à .

Quelles seront les mesures à prendre pour que cette technologie soit considérée comme étant sécuritaire?

Les organismes de réglementation et les assureurs seront certainement préoccupés par le fait de commander les navires à distance, mais également par l'impact que cela aura sur les risques d’erreurs humaines.

Nous croyons que les navires entièrement autonomes seront d’abord employés pour de courts trajets locaux, sur des réseaux fluviaux et dans des eaux territoriales des pays qui autorisent leur utilisation.  La vitesse d'expansion de ce type de navire au delà de l'utilisation locale dépendra de l’élaboration et des amendements des conventions et de la réglementation internationales ainsi que des accords maritimes.

Un travail considérable devra probablement être fait par l’Organisation maritime internationale (OMI) et le Baltic and International Maritime Council (BIMCO) afin de créer un cadre juridique et contractuel sécuritaire régissant l’utilisation commerciale et internationale de ces navires.

Le processus de mise en place de ce cadre juridique évoluera moins rapidement que la technologie elle-même, mais il prendra forme en temps et lieu.

Stephen Harris