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Le temps manque à l’action climatique

Le deuxième jour de la réunion annuelle du Forum économique mondial, les dirigeants ont discuté de la façon dont le temps commence à manquer pour résoudre le problème d’émissions et limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C.

Raging forest spring fires. Burning dry grass, reed along lake. Grass is burning in meadow. Ecological catastrophy. Fire and smoke destroy all life. Firefighters extinguish Big fire. Lot of smoke

Le deuxième jour de la réunion annuelle du Forum économique mondial, les dirigeants ont discuté de la façon dont le temps commence à manquer pour résoudre le problème d’émissions et limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C.

La guerre en Ukraine a provoqué une crise mondiale de l’énergie, soulignant dramatiquement la nécessité pour les économies d’assurer la pérennité de leur approvisionnement énergétique. En même temps, l’escalade des changements climatiques rend la prise de mesures plus urgente que jamais.

Ces deux problèmes nécessitent une refonte radicale de nos systèmes énergétiques, mais les émissions de carbone mondiales ont rebondi de 6 % en 2021, à la sortie de la pandémie, pour atteindre leur niveau annuel le plus élevé.

La transition écologique

Les décideurs prennent des mesures : mardi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a décrit comment le pacte vert pour l’Europe aiderait l’Union européenne à accélérer sa transition vers l’énergie propre.

Mais les orateurs ont clamé toute la journée un message sévère : les gouvernements ont beaucoup plus de travail à réaliser. John Kerry nous a rappelé comment, lors de la conférence COP26 à Glasgow l’an dernier, des pays représentant 65 % du PIB mondial ont pris des engagements à l’égard d’une hausse de la température mondiale de 1,8 °C, selon l’Agence internationale de l’énergie.

L’objectif doit maintenant être de persuader les pays qui composent les 35 % restants du PIB mondial de prendre des engagements similaires pour amener ce chiffre en dessous de 1,5 °C, et de s’assurer que ces engagements sont correctement mis en œuvre par toutes les parties prenantes.

Frans Timmermans, vice-président exécutif de la Commission européenne, nous a rappelé que le monde est confronté à une crise de la biodiversité ainsi qu’à une crise climatique, ce qu’a exploré un rapport récent de Mercer sur la perte de la biodiversité : « Biodiversity on the brink ».

La crise de la biodiversité n’est pas encore traitée avec autant d’urgence que la crise climatique, mais elle nécessite une attention considérable des décideurs et des investisseurs.

On estime que la perte de biodiversité mondiale est de 100 à 1 000 fois plus élevée que le taux d’extinction naturel, une perte qui entraîne déjà des répercussions importantes sur tout, de la sécurité alimentaire à la santé.

Mesurer les résultats ESG

L’une des discussions de la journée a porté sur la façon dont les entreprises peuvent mieux évaluer leurs facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) afin de promouvoir la transparence et la comparabilité, qui sont de plus en plus importantes pour les investisseurs et les assureurs.

« La comptabilité compte, mais elle ne compte pas ce qui compte », a déclaré Emmanuel Faber, président de l’International Sustainability Sandards Board (le conseil des normes internationales d’information sur la durabilité), lors de la discussion.

Le secteur de l’assurance peut jouer un rôle de premier plan dans ce domaine en adoptant une perspective à long terme sur les risques et les valeurs.

Un thème clé était la nécessité pour les entreprises et les décideurs de continuer d’œuvrer à l’élaboration d’un ensemble de normes mondiales sur les rapports ESG dans différents territoires. Actuellement, les normes complexes en matière de divulgation des facteurs ESG rendent la production de rapports extrêmement onéreuse pour de nombreuses entreprises, en particulier pour les PME.

Nous avons également entendu des leaders qui travaillent à accélérer les projets des « écoentrepreneurs » en matière de pérennité des ressources en eau et de conservation des arbres, et des conférenciers parler des innovations fondamentales qui pourraient aider les grandes entreprises. Comme l’a déclaré Mark Benioff, chef de la direction de Salesforce : « Nous sommes prêts à adopter un nouveau capitalisme environnemental. »

Avec l’attention de plus en plus importante accordée à la nature, les assureurs commencent à examiner le rôle que peuvent jouer les solutions axées sur la nature pour se protéger contre certains des effets des changements climatiques. Les entreprises doivent prendre note de ces innovations afin de déterminer leur propre profil de risques en matière de changement climatique.

Ce blogue fait partie de notre série sur les changements climatiques à Davos