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Comment les événements mondiaux façonnent l’assurance et le paysage des risques de violence politique

L’évolution de la situation géopolitique et l’incertitude qui en résulte font peser de nouveaux risques sur les entreprises ayant des intérêts dans les régions touchées, ce qui peut compromettre la sécurité et la sûreté de leur personnel, de leurs actifs, de leurs chaînes d’approvisionnement et de leurs infrastructures critiques.

Les événements de violence politique ont depuis longtemps eu une incidence sur les personnes, les biens et les bilans à l’échelle mondiale.

L’évolution de la situation géopolitique et l’incertitude qui en résulte font peser de nouveaux risques sur les entreprises ayant des intérêts dans les régions touchées, ce qui peut compromettre la sécurité et la sûreté de leur personnel, de leurs actifs, de leurs chaînes d’approvisionnement et de leurs infrastructures critiques.

Les récents troubles civils à l’échelle mondiale ont accru la prise de conscience des risques associés, entraînant des changements importants sur le marché de l’assurance contre la violence politique*. Dans certains territoires, les tarifs et les limites sont de plus en plus remis en question et les modalités sont en cours de révision, en particulier au Moyen-Orient. Pour d’autres territoires à haut risque, comme l’Ukraine, les souscripteurs continuent de faire preuve de prudence, souvent en raison de restrictions des traités et de leur appétit pour le risque.


* Dans le présent document, le terme « violence politique » s’entend des grèves, des émeutes et des mouvements populaires; des guerres; des dommages malveillants; des mutineries; des insurrections; des révolutions et des rébellions; des coups d’État; des actes de terrorisme et de sabotage..

Événements en cours au Moyen-Orient

Les États-Unis et Israël ont lancé des frappes militaires contre l’Iran le 28 février 2026. Il s’agit d’une situation de conflit régional en évolution qui sera suivie de près pour en évaluer les répercussions sur le marché de l’assurance contre la violence politique et les risques politiques.

La violence politique peut être inattendue

Les assureurs avaient souscrit des polices couvrant la violence politique en Israël et au Moyen-Orient dans les jours qui ont précédé l’attaque contre l’Iran le 28 février 2026. Les récents événements de violence politique à l’international, dont bon nombre se déroulent dans un contexte d’incertitude socio-économique à l’échelle mondiale, ont été inattendus.

L’indice des conflits ACLED classe les 50 conflits les plus graves au monde selon quatre indicateurs : le nombre de victimes, le danger pour les civils, la diffusion géographique et le nombre de groupes armés. Il note qu’en 2026, Gaza et la Cisjordanie, le Mexique et l’Ukraine sont actuellement les endroits les plus dangereux. De plus, il met en évidence les situations suivantes comme présentant un risque extrême ou élevé :

  • Gaza et la Cisjordanie ont enregistré des niveaux élevés de violence sur près de 70 % de leur territoire, ce qui en fait le conflit le plus étendu sur le plan géographique.
  • Le Myanmar est le conflit le plus fragmenté au monde, avec plus de 1 200 groupes armés distincts qui auraient été impliqués dans au moins un événement violent.
  • Le Pakistan est devenu plus dangereux pour les civils au cours des 12 derniers mois et les décès dus à la violence politique ont augmenté, sous l’effet de l’intensification des insurrections régionales et d’une escalade des combats avec l’Inde, brève mais intense.
  • Haïti est devenu plus meurtrier et dangereux pour les civils, avec plus de 4 500 Haïtiens tués à la suite de violences politiques et d’une augmentation des violences ciblées contre les civils.
  • L’Équateur est devenu plus meurtrier, avec plus de 1 000 personnes supplémentaires tuées à la suite de violences politiques en 2025 par rapport à 2024.

L’indice de paix mondial pour l’année 2025 de l’Institut pour l’économie et la paix a enregistré une détérioration moyenne de la paix sur douze mois de 0,36 % dans l’ensemble des pays. La région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord reste la région la moins pacifique au monde. L’incidence économique mondiale de la violence a été estimée à 19 970 milliards de dollars américains en 2024, soit une augmentation de 3,8 % par rapport à l’année précédente.

La stabilité mondiale devrait continuer à se détériorer, selon les prévisions. La Banque mondiale estime qu’en 2030, jusqu’à deux tiers des personnes connaissant la pauvreté la plus extrême dans le monde pourraient vivre dans des situations de fragilité, de conflit et de violence.

Principales tendances du marché de l’assurance contre la violence politique

  1. Le conflit en évolution au Moyen-Orient engendre des risques importants pour les entreprises de tous les secteurs et de toutes les régions, ce qui pousse les clients à réévaluer les montants de garantie souscrits, la portée des modalités des polices et leurs plans d’urgence. Marsh surveille de près la situation et aide ses clients à gérer les risques potentiels liés aux personnes et aux opérations, les ramifications en matière d’assurance et de gestion des risques, ainsi que les répercussions financières et d’investissement.


    Les assureurs examinent leurs programmes et les données concernant leurs clients, y compris les répercussions potentielles des pertes d’exploitation indirectes pouvant découler de chaînes d’approvisionnement perturbées par le conflit récent. Les assureurs examinent également de plus près les principaux indicateurs socio-économiques, comme les valeurs de l’indice des prix alimentaires, le PIB et les écarts de richesse, autant d’éléments susceptibles d’influencer la couverture et les conditions.

  2. Les conditions de réassurance par traité pour le marché de la violence politique et du terrorisme ont été favorables lors des dernières saisons de renouvellement, mais un examen plus minutieux pourrait avoir lieu en 2026, les réassureurs surveillant étroitement les événements au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les assureurs directs.

Choix des garanties ou d’une combinaison de polices

Les répercussions de la violence politique sur les chaînes d’approvisionnement et les infrastructures critiques, l’offre alimentaire et le coût de l’énergie, ainsi que les protestations d’ordre politique et socio-économique qui ont eu lieu à l’échelle mondiale, font ressortir la capacité de rupture et l’impact économique que peuvent avoir de tels événements.

Les entreprises peuvent prendre des mesures pour limiter les conséquences potentielles sur leurs employés, leurs actifs, leurs opérations et leurs finances. Les programmes d’intervention en cas de crise peuvent contribuer à atténuer ces répercussions, tout comme l’assurance des biens, l’assurance contre le terrorisme immobilier et l’assurance contre la violence politique. 

Pour créer le bon programme pour votre organisation, il est important de comprendre les types de polices courants.

  • Les polices d’assurance des biens et d’assurance contre le terrorisme excluent généralement les risques de guerre, de guerre civile, d’insurrection, de révolution, de rébellion et de coup d’État. Toutefois, ces deux types de polices peuvent souvent inclure une couverture pour les grèves, les émeutes et les mouvements populaires.
  • L’assurance contre le terrorisme peut couvrir les dommages matériels et les pertes d’exploitation résultant d’actes motivés par des raisons politiques, religieuses ou idéologiques.
  • L’assurance contre la violence politique peut couvrir les risques liés à la guerre, à la guerre civile, à la rébellion, à l’insurrection, au coup d’État et à d’autres troubles civils.

Aucune de ces options ne couvre les blessures subies par les employés. Celles-ci relèvent plutôt de l’indemnisation des accidents du travail, de l’assurance maladie collective et d’autres formes de protection offertes aux entreprises, selon le pays dans lequel ces blessures surviennent.

Quelle police d’assurance est la meilleure? Il n’est pas toujours facile de répondre à cette question. La frontière entre « violence politique » et « terrorisme » n’est pas toujours claire. Et le profil de risque unique d’une entreprise peut en fin de compte faire de la souscription des deux formes de couverture la bonne approche.

Lorsqu’elles mettent en place des programmes d’assurances pour se protéger contre la violence politique, les organisations doivent travailler avec leurs conseillers en gestion de risques pour :

  • Examiner l’emplacement des actifs essentiels et déterminer les risques potentiels, ce qui permet de prendre des décisions d’achat d’assurance plus éclairées et contribue à atténuer les pertes potentielles.
  • Comprendre les modalités, les conditions et les limitations des polices d’assurance contre la violence politique et le terrorisme.
  • Choisir des montants de garantie qui fourniront le niveau de protection souhaité, y compris dans des scénarios de pertes multiples.

Lors de la souscription d’une assurance, il est important d’avoir évalué l’empreinte de votre organisation et de déterminer si des polices supplémentaires, telles que la couverture contre assaillant actif et les pertes d’exploitation sans dommage, sont également adaptées à vos besoins et à votre appétit pour le risque. Les polices existantes peuvent également être complétées par une assurance contre la violence politique, des polices qui couvrent la protection actuelle et des programmes gouvernementaux.

Mesures qu’une société peut prendre pour se préparer aux événements de violence politique :

  • Veiller à ce que les plans de continuité des activités et de crise soient testés rigoureusement et mis à jour régulièrement, tout en intégrant les leçons tirées des événements passés.
  • Planifier des scénarios pour anticiper les effets potentiels des événements sur les personnes, les biens, les opérations, les fournisseurs et les clients.
  • Coordonner l’achat d’une assurance contre la violence politique ou le terrorisme avec d’autres formes de garantie pertinentes, notamment l’assurance contre la perte d’exploitation et l’assurance de biens.
  • Comprendre comment le processus de réclamation fonctionnera et être prêt à réunir toute l’information nécessaire, notamment en enregistrant les dommages à l’aide de photos et de vidéos, et en notant tous les frais supplémentaires et autres coûts associés à la récupération.

En prenant ces mesures et en collaborant avec des conseillers pour mettre sur pied le bon programme d’assurances, vous serez mieux préparé à répondre aux événements qui pourraient se produire à l’avenir.

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Tarique Nageer