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Une occasion d’achat d’assurance crédit commercial

Le marché mondial de l’assurance crédit commercial présente une contradiction frappante en début 2026.

Le marché mondial de l’assurance crédit commercial présente une contradiction frappante en début 2026. D’après MiCredit, l’outil exclusif de données en assurance crédit commercial de Marsh Risques :

  • La tarification a atteint un creux historique; les taux de prime moyens ont chuté de 9,2 % jusqu’à présent cette année.
  • L’appétit des assureurs est resté fort, démontré par le fait que les taux d’acceptation des risques ont seulement baissé d’un point de pourcentage d’une année à l’autre pour atteindre une moyenne de 73,59 %. 
  • Les niveaux de réclamations remontent après les creux récents, et on s’attend à ce que les cas d’insolvabilité augmentent dans le monde.

Cette combinaison de facteurs laisse entrevoir une occasion unique d’achat qui pourrait ne pas durer : la couverture par tranche de dollar de prime demeure bien au-dessus de la moyenne sur six ans, mais l’augmentation des insolvabilités et la détérioration de la qualité du crédit acheteur pourraient entraîner des hausses de taux à l’avenir.

L’occasion de tarification

D’après MiCredit, l’assurance crédit commercial semble toujours détenir une valeur importante.

Figure 1 : Valeur de l’assurance crédit commercial (1 $ US de prime permet d’acheter X $ de couverture)

Source : la plateforme MiCredit de Marsh Risques; la moyenne est basée sur la prime minimale et la couverture totale pour toutes les polices de chiffre d’affaires global

Ainsi, chaque dollar de prime permet d’acheter 699 $ US de couverture, soit le chiffre le plus élevé des six dernières années depuis que nous avons commencé à en faire le suivi en 2015. Concrètement, les assureurs assument davantage de risques par unité de revenu perçue, ce qui leur donne moins de marge si les réclamations augmentent. Pour les acheteurs, la valeur subsiste : la couverture actuelle par tranche de dollar de prime est supérieure à la moyenne sur cinq ans, et ce même si les conditions qui ont favorisé cette tarification commencent à se dégrader.

Des sondages mondiaux menés auprès d’assureurs en 2025 confirment que la capacité a augmenté de façon importante au sein du marché du crédit commercial entre 2022 et 2025. Pour le moment, plus de la moitié des professionnels sondés s’attendent à ce que la croissance des primes ralentisse, citant la capacité excédentaire et les niveaux élevés de concurrence entre les assureurs comme facteurs empêchant la hausse des taux, du moins jusqu’à ce qu’un événement entraîne des pertes importantes. 

Pour les acheteurs d’assurance crédit commercial, ce contexte de tarification représente une occasion stratégique où chaque dollar de prime permet d’acheter une couverture plus large que jamais, et ce même si les conditions qui favorisent cette tarification ont commencé à se dégrader. 

L’insolvabilité mondiale est en hausse

Il est important de noter que les activités en matière de réclamations augmentent suite aux récents creux. Les données du marché le confirment : le nombre de réclamations a chuté de 227 en 2023 à 136 en 2025, et la valeur totale des réclamations a augmenté de 9,4 % d’une année à l’autre, passant de 400,8 millions de dollars américains en 2024 à 438,5 millions de dollars américains en 2025, ce qui indique qu’en moyenne les sinistres sont plus graves même s’ils sont un peu moins fréquents. 

L’insolvabilité mondiale des entreprises a augmenté de 6 % en 2025, et on s’attend à ce qu’elle grimpe encore de 5 % en 2026, marquant ainsi une cinquième année consécutive de hausses susceptibles de voir les faillites dépasser de 24 % les moyennes prépandémiques. Les États-Unis ont enregistré une augmentation de 22 % des déclarations de faillites d’entreprises en 2024, soit le niveau le plus haut depuis 2017, et les déclarations ont augmenté encore de 7,1 % en 2025. 

Un important assureur mondial de crédit commercial a fait état d’une détérioration supérieure à 5 points de pourcentage du ratio sinistres-primes d’une année à l’autre durant la première moitié de 2025, ainsi qu’une augmentation de 50 % des interventions proactives concernant les limites comme la diminution ou l’annulation des limites de crédit des acheteurs en réponse à la détérioration de la solvabilité.

Cette tendance émergente est très similaire aux cycles antérieurs de perte de crédit commercial : les réclamations demeurent à l’intérieur des seuils de tolérance tandis que les conditions se dégradent et que l’incidence sur la tarification est limitée, puis un choc important entraîne une accumulation des défauts de paiement. À ce moment-là, les réclamations deviennent simultanément plus fréquentes et plus graves.

Les données de MiCredit suggèrent que les assureurs ne sont pas oisifs. En effet, au lieu d’augmenter les tarifs, ils surveillent d’abord les risques. Le risque de crédit des portefeuilles des assureurs a augmenté : la cote moyenne pondérée du risque, évaluée sur une échelle de 1 à 10 où 1 représente le risque le plus faible et 10 représente le risque le plus élevé, était relativement stable à 4,45 puis est passée à 5,20 en février 2026, ce qui illustre un rajustement important.

Risque systémique : les forces capables de déclencher un changement

Le marché de l’assurance crédit commercial semble être sous tension, puisque les taux de prime sont bas et que les réclamations augmentent.

La section qui suit examine trois possibilités plausibles d’évolution systémique qui pourraient potentiellement déclencher une vague généralisée de rajustement des tarifs et fermer la porte à l’occasion d’achat actuelle.

Fragmentation géoéconomique : le rapport de 2025 de l’Association Internationale des Contrôleurs d’Assurance épingle l’assurance crédit commercial comme la seule branche de souscription où les risques excèdent les niveaux allant de faible à moyen. Ces risques sont causés en partie par l’émergence d’obstacles commerciaux, de sanctions et de restrictions à l’exportation qui sont difficiles à modéliser et qui pourraient déclencher une défaillance des contreparties plus imprévisible selon les données historiques.

Le contexte tarifaire actuel crée un effet d’amplification : les perspectives du secteur indiquent que les droits de douane font pression sur les marges des entreprises et augmentent le risque de non-paiement pour les secteurs axés sur l’exportation.

Qualité du crédit d’entreprise : à la fin de 2025, un important prêteur automobile à haut risque a fait faillite à la suite d’allégations de fraude de près de 1 milliard de dollars américains en prêts garantis par des actifs, tandis qu’un grand fabricant de pièces automobiles a déclaré faillite en vertu du chapitre 11 après qu’il a été révélé que des structures hors bilan dissimulaient un levier financier de presque 20x plutôt que le levier de 5x déclaré.

Le taux officiel de défaillance de crédit privé, qui ne prend en compte que les paiements manqués catégoriques, demeure en dessous de 2 %. Toutefois, une fois que l’on tient compte des restructurations forcées et les exercices de gestion des passifs, le taux réel de pression sur le crédit est d’environ 5 %.

Pour les entreprises qui opèrent selon des conditions de crédit variables et dont les contreparties sont financées au moyen de ces structures, le risque est clair : les signes de crédit conventionnels (cotes, déclarations, lignes de crédit) peuvent dissimuler la réalité, et un acheteur qui semble solvable aujourd’hui peut devenir en souffrance presque sans avertissement. 

Scénario de la bulle de l’IA : Atradius Insurance a modélisé un scénario négatif où la confiance envers les rendements de l’IA vacille : selon ce scénario, les actions américaines en technologie connaîtront une baisse d’environ 25 % en 2026, les consommateurs dépenseront moins en raison de la diminution du revenu des ménages, et les investissements en technologie chuteront comme ils l’ont fait durant l’éclatement de la bulle Internet entre 2001 et 2002. Estimation des répercussions : le PIB mondial baissera d’environ 1 point de pourcentage en 2026, puis de 0,5 point en 2027. Les États-Unis afficheront une croissance plus faible de 2 points de pourcentage.

Pour les acheteurs actuels et potentiels d’assurance crédit commercial, ce scénario représente le type de perte mondiale que les sondages de l’industrie qualifient de force capable d’inverser le contexte actuel de tarification attrayante, car si les États-Unis subissent une contraction marquée, cela pourrait ensuite affecter les chaînes d’approvisionnement et entraîner une augmentation de la défaillance des contreparties dans l’ensemble des secteurs.

Assurance crédit commercial : votre outil pour atténuer les risques

Le marché actuel présente une rare combinaison qui est nettement plus favorable pour les acheteurs d’assurance crédit commercial. 

  • Un besoin en croissance : l’insolvabilité des entreprises mondiales est à son plus haut depuis 2010. L’opacité du crédit privé fait également augmenter les risques de contrepartie pour les chaînes d’approvisionnement mondiales.
  • Le temps presse : les assureurs semblent indiquer que les taux vont augmenter, et même si l’appétit pour le risque demeure très élevé, on constate un rééquilibrage de l’évaluation des risques, signe avant-coureur d’une hausse rapide des taux. Lorsque les pertes se concrétiseront, les tarifs seront rapidement rajustés.
  • Risques extrêmes systémiques : un ajustement en lien à la bulle de l’IA, une intensification de la guerre commerciale ou une vague de défaillance de crédit privé pourrait déclencher un rajustement des tarifs susceptibles de faire augmenter les coûts et de réduire la disponibilité de la couverture en même temps. 

En résumé : l’assurance crédit commercial a atteint ses plus bas niveaux de tarification, et les risques contre lesquels elle protège évoluent vers des sommets inédits depuis longtemps. Chaque dollar de prime permet maintenant d’acheter 699 $ US de couverture (contre 430 $ US en 2023) et ce, même si les futures primes estimées ont baissé. Toutefois, les conditions changent, et ce n’est souvent qu’après un bouleversement qu’un bon nombre des acheteurs potentiels pénètrent le marché, et il est alors trop tard pour profiter des meilleurs prix attrayants. Les entreprises qui obtiennent une couverture aux tarifs actuels sont susceptibles de bénéficier d’une protection à une fraction de ce que cela coûterait en cas d’augmentation des taux.

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