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Perspectives de risque T4 2021 : Arabie saoudite

La reprise des prix du pétrole a permis de soutenir le rebond de l’économie saoudienne, qui a presque connu une période de stagnation en 2019 lorsque les prix ont chuté. Toutefois, l’augmentation des liquidités pourrait inciter le gouvernement à agir avec plus de fermeté, ce qui explique les cotes moyennes à élevées de risque relatif au terrorisme et à la rupture de contrat.

King Abdullah Financial District in Riyadh Saudi Arabia

La reprise des prix du pétrole a permis de soutenir le rebond de l’économie saoudienne, qui a presque connu une période de stagnation en 2019 lorsque les prix ont chuté. Toutefois, l’augmentation des liquidités pourrait inciter le gouvernement à agir avec plus de fermeté, ce qui explique les cotes moyennes à élevées de risque relatif au terrorisme et à la rupture de contrat. Les forces de l’ordre saoudiennes ont confiné l’insurrection dans la région du Qatif, ce qui réduit la probabilité de graves instances d’agitation civile de la minorité chiite du pays. Si les fonds pour les dépenses publiques diminuent, le soutien financier de la monarchie sera compromis, et les promesses d’améliorer les services ne seront probablement pas remplies, y compris la promesse visant à répondre à la pénurie de logements au pays. Bien que les manifestations publiques soient illégales, elles pourraient devenir plus répandues si l’investissement public anticipé n’est pas réalisé. Cependant, les forces de l’ordre sont très susceptibles de neutraliser les manifestations qui ont lieu.

La diversification économique mise de l’avant dans le cadre stratégique de la vision saoudienne de 2030 ne devrait connaître que de modestes progrès en 2022, malgré le désir du gouvernement d’accélérer la réalisation de sa vision. Malgré tout, l’économie est grande, avec un revenu par habitant élevé soutenu par l’importante dotation au secteur des hydrocarbures du pays. Toutefois, la dépendance du pays au secteur pétrolier et gazier est également une source d’inquiétude. Environ 25 % du PIB en 2020 a été généré par ce secteur, tandis que les revenus prépandémique indiquent que 77 % des exportations totales provenaient du secteur pétrolier. La reprise mondiale des prix du pétrole a permis au pays de générer plus de revenus qui seront probablement maintenus à court et à moyen terme. Étant donné que la majorité des exportations de pétrole de l’Arabie saoudite dessert les marchés asiatiques, on prévoit que la demande de pétrole saoudien demeurera forte, particulièrement en Chine, qui représente 28 % des exportations. La Chine était déjà le plus important consommateur de pétrole saoudien avant la pandémie et ses besoins ont augmenté depuis. De grandes réserves, des coûts d’extraction moins élevés qu’ailleurs dans le monde et une expérience de longue date dans l’industrie assurent à l’Arabie saoudite un important avantage concurrentiel sur les autres producteurs pétroliers.

De plus, les banques pourraient facilement favoriser la reprise, car elles possèdent une grande quantité de capitaux renforcée par la hausse des prix du pétrole. On s’attend à ce que ce coussin financier soit en mesure de compenser toute augmentation supplémentaire des prêts improductifs. Le secteur bancaire est bien réglementé, bien que les passifs externes présentent un risque de baisse.

La vision saoudienne de 2030 et le plan de transformation national, qui visent à réduire à long terme la dépendance gouvernementale aux revenus pétroliers, sont susceptibles de s’appuyer fortement sur le secteur privé, particulièrement les secteurs des produits pétrochimiques, des agro-entreprises, du transport et des services municipaux. La probabilité que le gouvernement ait recours à l’expropriation est donc très faible. Le royaume est bien positionné pour convertir les actifs énergétiques existants en installations de captation du carbone et l’expropriation des actifs étrangers demeure improbable, car les secteurs les plus importants sont déjà sous le contrôle de l’État. Les investissements étrangers dans les propriétés de La Mecque et de Médine, et dans les hydrocarbures en amont, sont limités. De plus, des restrictions sont en place dans les industries de l’impression, de l’édition et du transport terrestre, à la seule exception, de la construction de réseaux ferroviaires. À l’exclusion de la nationalisation de Saudi Aramco en 1976, il n’y a pas d’antécédents d’expropriation d’actifs étrangers dans le royaume.