Jonathan Butts
Directeur Clientèle, Énergie et Électricité, Marsh Risk
L’expansion des infrastructures d’énergie renouvelable au Canada — y compris les parcs éoliens, les projets solaires et les systèmes de stockage d’énergie par batteries — représente une occasion importante de répondre à la demande croissante en production d’électricité. Cette croissance peut accélérer la transition énergétique propre du pays et contribuer à une économie plus durable, deux priorités nationales clés.
Selon le Régulateur de l’énergie du Canada, l’énergie éolienne devrait mener la croissance au cours des cinq prochaines années, représentant environ 70 % des augmentations prévues de la capacité renouvelable. Cependant, ces projets prometteurs comportent aussi de nombreux nouveaux risques qui nécessitent une gestion rigoureuse.
Au fur et à mesure que ces projets avancent de la construction à la mise en service puis à l’exploitation complète, les propriétaires, exploitants, entrepreneurs en ingénierie, approvisionnement et construction (EPC) et autres parties prenantes clés peuvent faire face à des lacunes critiques en matière de couverture et à des ambiguïtés pouvant les exposer à des risques financiers importants. Comprendre ces défis, adopter les meilleures pratiques en gestion des risques et obtenir une couverture plus robuste sont essentiels pour la résilience et le succès à long terme des projets.
L’un des enjeux les plus pressants pour les projets renouvelables canadiens survient lors de la transition entre la construction et l’exploitation. Les assureurs construction limitent généralement leur exposition aux risques opérationnels dès que les actifs commencent à produire de l’électricité. Toutefois, les projets renouvelables mettent souvent en service les unités par phases, certaines turbines ou panneaux solaires étant opérationnels avant l’achèvement final du projet. Cette mise en service progressive crée un chevauchement de couverture : la couverture construction peut être contractuellement requise jusqu’à une étape ultérieure, comme l’achèvement final, tandis que les assureurs opérationnels peuvent hésiter à assumer le risque avant l’achèvement substantiel.
Ce décalage peut entraîner des lacunes de couverture lorsque les actifs sont les plus vulnérables, notamment en début d’exploitation, période où les défauts ou erreurs d’installation sont les plus susceptibles d’apparaître. De plus, la disparité des termes contractuels entre les différentes parties — y compris les entrepreneurs EPC, fournisseurs d’équipement, prêteurs et acheteurs — ainsi que les pratiques juridiques variées compliquent davantage l’alignement des couvertures d’assurance.
Pour atténuer ces risques, il est crucial que les polices d’assurance construction et opérationnelle définissent clairement et synchronisent le point de transfert, idéalement à l’achèvement substantiel. Une rédaction cohérente et flexible des polices, qui prend en compte la mise en service progressive et les opérations avant transfert, peut aider à combler ces lacunes et réduire les risques de litiges.
Une fois en exploitation, les projets renouvelables font face à un ensemble distinct de risques. La défaillance d’équipement entraînant des pertes en série, c’est-à-dire des réclamations répétées liées au même défaut ou cause, est une préoccupation majeure. Bien que les garanties des fabricants offrent une certaine protection, elles couvrent rarement les pertes de revenus consécutives et peuvent être difficiles à faire appliquer rapidement.
Un autre défi croissant est l’obsolescence des équipements. Avec l’évolution rapide de la technologie, plusieurs turbines et composants de première génération ne sont plus fabriqués. En cas de dommage à ces équipements obsolètes, les organisations doivent se tourner vers les marchés secondaires, les stocks de pièces ou la fabrication sur mesure pour obtenir des remplacements. Dans ces cas, la couverture d’assurance est souvent incertaine, car les assureurs hésitent à payer plus que la valeur réelle en espèces, souvent très faible pour des actifs désuets.
La couverture contre l’interruption d’activité nécessite également une attention particulière. La production d’énergie renouvelable est intrinsèquement variable, influencée par des facteurs saisonniers et géographiques. Les organisations prévoient généralement leurs revenus à partir de données météorologiques et de production historiques, mais les fluctuations des prix de l’électricité — surtout lorsqu’elles vendent au réseau plutôt que sous contrats d’achat d’électricité fixes — ajoutent de la complexité. Sans profils de revenus mensuels détaillés, les organisations risquent des lacunes de couverture si les assureurs plafonnent l’indemnité sur la base de chiffres annuels moyens.
Le secteur des renouvelables au Canada doit aussi faire face à des risques évolutifs liés aux changements climatiques et à l’inflation. Les événements météorologiques extrêmes, tels que les tempêtes de grêle, tornades et inondations, sont de plus en plus fréquents et sévères, posant des menaces accrues aux panneaux solaires, éoliennes et installations de stockage par batteries. De plus, les contraintes de la chaîne d’approvisionnement et les délais prolongés pour des équipements critiques comme les transformateurs demeurent des risques opérationnels importants.
Les stratégies de gestion et de transfert des risques doivent évoluer en parallèle avec ces tendances. Par exemple, un langage clair et affirmatif dans les polices, anticipant des scénarios de pertes uniques et aligné sur les exigences contractuelles, est essentiel pour éviter les litiges de couverture.
Pour naviguer dans cette complexité et maintenir les projets renouvelables sur la bonne voie et dans le budget, les propriétaires de projets devraient adopter une approche proactive et globale de gestion des risques incluant les actions clés suivantes :
Le paysage assurantiel des renouvelables au Canada est complexe et en évolution. En comprenant les lacunes critiques de couverture durant la construction et la mise en service, en abordant les risques opérationnels tels que les pertes en série et l’obsolescence, et en mettant en œuvre des pratiques robustes de gestion des risques, les propriétaires de projets peuvent mieux protéger leurs investissements.
Une communication transparente, un langage contractuel cohérent et des solutions d’assurance adaptées à la réalité des actifs renouvelables sont essentiels pour combler le fossé entre risque et résilience dans ce secteur dynamique — tout comme une approche proactive.
La rédaction innovante de la police d’assurance des biens pour l’énergie renouvelable de Marsh Risk est conçue pour combler les lacunes critiques qui surviennent souvent durant les phases de construction et de mise en service. Cette rédaction est spécifiquement adaptée aux projets d’énergie renouvelable tels que l’éolien, le solaire, le stockage par batteries et l’hydroélectricité, combinant des caractéristiques de couverture étendues provenant d’assureurs spécialisés et domestiques. Elle inclut des protections importantes pour les prêteurs, une couverture flexible pour la construction et les revenus pré-opérationnels, ainsi qu’une large gamme d’extensions pour répondre aux risques uniques des actifs renouvelables. Conçue pour l’adaptabilité, elle soutient les technologies évolutives et offre des termes clairs pour répondre aux besoins des projets et des contrats.
Pour en savoir plus sur la manière de mieux répondre aux exigences contractuelles et protéger votre projet renouvelable, contactez un représentant Marsh Risk.
Directeur Clientèle, Énergie et Électricité, Marsh Risk
Spécialiste Principal en Placement, Marsh Risk