Par Aashish Masurekaar ,
Vice-président principal | Pratiques des institutions financières et des services professionnels | Marsh Risk Canada
03/10/2026 · Lecture de 7 minutes
L’argent a toujours été au cœur du commerce, mais la façon dont il circule évolue rapidement. Le système financier canadien connaît actuellement sa plus grande transformation depuis l’adoption de la Loi canadienne sur les paiements en 1980.
Pendant des décennies, les systèmes de paiement ont fonctionné selon des processus de traitement par lots hérités, consistant à collecter les transactions tout au long de la journée et à les régler en bloc à la fin de la journée, voire plus tard. Bien que fiable, cette approche ne répond plus aux exigences de l’économie numérique actuelle, qui évolue à un rythme effréné.
Aujourd’hui, les paiements instantanés et sécurisés sont la norme. S’adapter à ces progrès et mettre en œuvre des mesures de gestion des risques efficaces peut aider les entreprises canadiennes à demeurer résilientes, compétitives et prêtes à connaître une croissance durable dans un monde de plus en plus interconnecté.
Les retards de règlement restent un défi courant dans de nombreux systèmes de paiement canadiens. Même si un paiement peut apparaître instantanément dans votre compte, comme avec le virement Interac, cela ne signifie pas nécessairement que les fonds ont été entièrement réglés entre les banques. Il existe souvent une période de risque pendant laquelle le paiement peut encore être annulé.
Par exemple, lorsque des entreprises canadiennes utilisent un virement bancaire pour vous payer, la transaction peut dans certains cas ne pas être effectivement réglée dans votre compte bancaire avant deux jours. Cela signifie qu’un paiement effectué le lundi peut ne pas être finalisé avant le mercredi. Pour les petites entreprises qui fonctionnent avec des marges serrées, ce retard est plus qu’un simple inconvénient : il a une incidence directe sur leurs flux de trésorerie. Imaginez que vous vendiez un chandail à 50 $ le lundi, mais que vous n’ayez accès à ces fonds que le mercredi, ce qui retarde votre capacité à payer vos factures ou votre personnel.
Paiements Canada, l’organisme chargé de gérer les principaux systèmes de paiement du pays, est à la tête du développement du PTR – une infrastructure de paiement novatrice conçue pour faire entrer l’écosystème financier canadien dans l’ère numérique.
Le PTR facilite l’envoi, la compensation et le règlement des paiements en quelques secondes, et fonctionne en continu – 24 heures par jour, 7 jours par semaine, 365 jours par an. Cette avancée améliore considérablement la rapidité et la fiabilité des transactions, en remédiant aux retards de longue date inhérents aux systèmes traditionnels de traitement par lots.
En permettant le règlement instantané des paiements, le PTR favorise une meilleure gestion des flux de trésorerie pour les entreprises et les particuliers, réduit le risque de règlement et aligne l’infrastructure de paiement du Canada sur les normes mondiales en vigueur pour les transactions financières en temps réel. Les avantages sont les suivants :
Les nouveaux systèmes et les nouvelles technologies sont essentiels à un système de paiement solide, mais ils ne suffisent pas à eux seuls : des règles et une surveillance sont également nécessaires. La LAAPD régit ce système de paiement pour garantir qu’il s’inscrit dans un cadre qui protège les consommateurs et favorise une concurrence loyale.
Qu’est-ce que la LAAPD?
La LAAPD est une loi fédérale introduite pour réglementer le secteur des paiements de détail au Canada. Auparavant, de nombreux fournisseurs de services de paiement exerçaient leurs activités sans être soumis à des lois canadiennes officielles, ce qui signifiait qu’ils échappaient à la surveillance des autorités fédérales compétentes, comme le gouverneur de la Banque du Canada. Cela créait des lacunes potentielles au chapitre de la protection des consommateurs et de la robustesse du système.
La LAAPD oblige les FSP qui ne sont pas des banques à s’enregistrer auprès de la Banque du Canada, qui leur accorde des licences d’exploitation et des enregistrements. En échange de leur entrée dans le système, les FSP s’engagent à se conformer à des règlements stricts en matière de protection des consommateurs, de mesures de résilience opérationnelle et de gestion des risques, afin de se moderniser et de se conformer aux normes attendues par le marché actuel axé sur la technologie.
La LAAPD profite à l’écosystème en :
Si la commodité des paiements instantanés est indéniable, elle introduit également de nouvelles vulnérabilités qui doivent être examinées avec soin. Dans le cadre des anciens systèmes de paiement, les délais de règlement offraient aux banques une fenêtre critique pour détecter et bloquer les transactions suspectes. Avec le système de PTR, les paiements sont réglés en quelques secondes, ce qui rend beaucoup plus difficile l’annulation des transactions frauduleuses une fois que les fonds ont été transférés.
Pour les entreprises exerçant leurs activités au Canada, ce changement exige un renforcement substantiel des stratégies d’atténuation des risques afin de suivre le rythme des menaces en évolution :
Les systèmes de paiement canadiens ont évolué, passant des chèques papier qui prenaient plusieurs jours à être compensés à des virements numériques en temps réel effectués en quelques secondes. Cette évolution se poursuit. À mesure que la technologie progresse et que les attentes des consommateurs augmentent, l’infrastructure de paiement doit continuer à s’adapter. Le système de PTR et la LAAPD sont des jalons importants, qui jettent les bases de la prochaine phase d’innovation.
Ces progrès s’accompagnent d’une responsabilité accrue, surtout pour les entreprises. À mesure que les paiements s’accélèrent et se numérisent, il est plus important que jamais de mettre en place des mesures solides d’atténuation des risques. Pour en savoir plus sur le renforcement de la résilience face aux risques, parlez à un représentant Marsh Risques.