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Un cadre stratégique pour gérer les risques de feux de forêt : six enseignements clés tirés de la Climate Week 2025

Dans le cadre de la New York Climate Week 2025, des dirigeants de Marsh McLennan et des parties prenantes issues des secteurs de l’assurance, de la finance, de l’ingénierie, des pouvoirs publics et d’autres domaines se sont réunis pour une série de discussions sur les risques urgents liés aux feux de forêt auxquels sont confrontés les communautés, les infrastructures et les écosystèmes.

Dans le cadre de la New York Climate Week 2025, des dirigeants de Marsh McLennan et des parties prenantes issues des secteurs de l’assurance, de la finance, de l’ingénierie, des pouvoirs publics et d’autres domaines se sont réunis pour une série de discussions sur les risques urgents liés aux feux de forêt auxquels sont confrontés les communautés, les infrastructures et les écosystèmes.

Toutefois, plutôt que de se focaliser sur les défis, les discussions ont mis en évidence des occasions cruciales, allant de mesures simples de gestion des risques et d’engagement communautaire à la modélisation climatique, à l’analyse des catastrophes et aux solutions de transfert des risques.

Les dirigeants ont réaffirmé que la gestion des risques de feux de forêt et le financement de la résilience ne relèvent pas d’un seul secteur ou d’une seule communauté, mais nécessitent une collaboration intersectorielle continue et une responsabilité individuelle. Voici six points principaux points à retenir de ces séances.

Parmi les conférenciers et les panélistes de Marsh McLennan figuraient :

  • Francis Bouchard, administrateur délégué, Climat, Marsh McLennan 
  • Kieran Bhatia, vice-président principal, responsable des enjeux climatiques et de durabilité pour l’Amérique du Nord, Guy Carpenter 
  • Will Stikeleather, analyste des risques de catastrophe naturelle, Services-conseils en matière de risques pour l’Amérique du Nord, Guy Carpenter 
  • Mark Hope, vice-président principal, Services-conseils en matière de risques pour l’Amérique du Nord, Guy Carpenter 
  • Abraham Lauer, analyste et conseiller en catastrophes, Guy Carpenter 
  • Callum Ellis, directeur, chef du service de résilience aux changements climatiques, Marsh 
  • Alban Pyanet, associé, Oliver Wyman 
  • Bradley Sawyer, vice-président principal, directeur des services-conseils en gestion de risques, Agence Marsh McLennan 
  • Julie Milbrandt, vice-présidente, directrice des solutions relatives aux risques de feux de forêt, Marsh 
  • Cory Anger, administrateur délégué, GC Securities, Guy Carpenter 
  • Jacob Choi, vice-président principal, directeur mondial de la structuration et des analyses, Centre d’excellence paramétrique, Marsh

1. Le risque de feu de forêt est unique et évolue en temps réel.

Les feux de forêt sont devenus l’un des risques les plus urgents et les plus complexes auxquels sont confrontés les communautés, les infrastructures et les écosystèmes aux États-Unis et au Canada, en particulier dans les milieux périurbains, où les paysages naturels côtoient des zones densément urbanisées.

Contrairement à d’autres risques de catastrophe naturelle comme les tempêtes de vent ou les inondations, le risque de feu de forêt est étroitement lié au comportement humain et aux pratiques communautaires. La présence de matériaux combustibles comme des arbustes, du paillis ou de la végétation sèche à proximité des habitations, ou de matériaux de construction comme des toitures et des parements non résistants au feu, peut augmenter considérablement les risques.

Les conférenciers ont réitéré que ce que votre voisin choisit de planter ou d’entretenir dans son jardin peut avoir une incidence directe sur la vulnérabilité de votre propre propriété aux feux de forêt. Ce facteur humain signifie que le risque de feu de forêt ne dépend pas seulement de la géographie ou des conditions météorologiques, mais aussi de la mentalité du public et de l’engagement dans la communauté.

2. La résilience commence au niveau des actifs, mais doit s’étendre à tout le système.

Les considérations au niveau des actifs, notamment les personnes, les opérations, les biens physiques et les interventions d’urgence, doivent être des priorités clés dans le cadre d’adaptation aux changements climatiques de toute société. Mais les systèmes plus larges dans lesquels ces actifs fonctionnent, notamment les infrastructures critiques, les gouvernements et les organismes de réglementation, les fournisseurs de capitaux, les communautés, les services écosystémiques et les fournisseurs, doivent bénéficier d’une attention égale.

Par exemple, une maison individuelle construite avec des matériaux résistants au feu et entourée d’un espace défendable est moins susceptible de s’enflammer, mais si le réseau électrique ou l’approvisionnement en eau de la communauté reste vulnérable, le risque global demeure élevé.

Dans le même ordre d’idées, un thème récurrent tout au long des séances était que le changement des mentalités constitue un obstacle important. Beaucoup de gens accordent de l’importance aux choix esthétiques en matière d’aménagement paysager, comme les arbustes denses ou les terrasses en bois, qui augmentent le risque d’incendie, tandis que les codes du bâtiment et les règlements de zonage ne donnent pas toujours la priorité à la résilience.

Par conséquent, les efforts doivent inclure des mesures éducatives, des incitatifs et des politiques qui encouragent les décisions intelligentes en matière d’incendie à tous les niveaux, des propriétaires individuels aux urbanistes municipaux et aux gouvernements d’État. Cette approche systémique permet de maintenir une résilience intégrée et non fragmentée.

3. Des actions modestes et cohérentes peuvent avoir des effets importants.

L’une des idées les plus encourageantes de ces séances a été le pouvoir des actions modestes et cohérentes. Des mesures simples, telles que le ramassage des feuilles sèches, l’élagage des branches d’arbre, l’élimination des matériaux combustibles à proximité des structures et l’entretien des pare-feu peuvent considérablement améliorer le profil de risque global d’une communauté.

Considérez l’incidence d’une fin de semaine de travaux de jardinage dans un quartier. Si de nombreux propriétaires prennent ces petites mesures, l’effet collectif peut limiter la propagation des feux de forêt et réduire les pertes potentielles. Au niveau du système, les mesures utiles peuvent inclure le renforcement des infrastructures électriques en remplaçant les lignes électriques par des conducteurs couverts, l’installation de fusibles de non-expulsion ou limiteurs de courant de défaut pour éviter les étincelles, et l’enfouissement des lignes électriques lorsque cela est possible.

Les conférenciers ont également souligné l’importance d’intégrer les scénarios potentiels les plus extrêmes dans les stratégies d’atténuation des risques, car ces situations représentent souvent la majorité des pertes liées aux feux de forêt. Par exemple, un feu de forêt dans les collines de Californie peut se propager rapidement à une communauté en quelques minutes, sous l’effet de vents violents. Malgré les capacités avancées de la Californie en matière de lutte contre les feux de forêt, l’accélération de ces incendies peut causer des dommages importants.

4. La collaboration entre le secteur public et le secteur privé fait toute la différence.

Si les efforts individuels et communautaires sont essentiels, ils ne peuvent à eux seuls atteindre le niveau de résilience à long terme requis face aux feux de forêt. Pour accélérer les progrès, une collaboration entre les organismes publics, les fournisseurs de capitaux privés, les assureurs, les entreprises technologiques et les autres parties prenantes est nécessaire. Cette collaboration multisectorielle peut débloquer des financements et favoriser l’innovation pour bâtir des communautés et des infrastructures plus résilientes.

L’un des exemples présentés durant la Climate Week était le développement d’une technologie avancée de traitement des dommages causés par la fumée. Les dommages causés par la fumée des feux de forêt entraînent souvent des pertes matérielles importantes et des réclamations d’assurance coûteuses, ce qui complique les efforts de restauration. Les nouvelles technologies contribuent à éliminer les odeurs persistantes dues aux dommages causés par la fumée et, par conséquent, à réduire potentiellement la gravité de ces sinistres.

Les conférenciers ont constamment souligné que lorsque tous les acteurs de l’écosystème comprennent la valeur des mesures de résilience, cela a un effet positif en cascade : des propriétaires qui peuvent bénéficier d’une meilleure protection et d’une remise en état plus rapide, aux entreprises qui mettent au point des solutions novatrices permettant de réduire les risques, en passant par les assureurs qui peuvent évaluer plus précisément les risques et élaborer des solutions plus personnalisées, et les fournisseurs de capitaux qui peuvent investir en toute confiance dans des initiatives visant à renforcer la résilience.

Les organismes dirigeants au niveau communautaire, étatique ou fédéral peuvent apporter leur soutien en matière de réglementation, de données et de coordination, tandis que le secteur privé peut fournir des capitaux, une expertise en gestion des risques ou des technologies de pointe. Ensemble, ils peuvent préparer le terrain pour des mécanismes de financement créatifs, comme des obligations de résilience, des titres liés à l’assurance et des fonds d’investissement publics-privés, qui harmonisent les incitatifs et favorisent la réduction des risques grâce à la mise en œuvre de la résilience.

5. Un volume élevé de données crée des défis et des occasions.

Les conférenciers se sont montrés optimistes quant à la façon dont les progrès en matière de gestion des risques de catastrophe transforment la modélisation des risques, l’évaluation des vulnérabilités et l’analyse de l’exposition grâce à une intégration de données de plus en plus poussée.

Bien que ces améliorations offrent des perspectives sans précédent, elles présentent également des défis importants, en particulier sur le plan de la gestion de l’ampleur et de la complexité des données dans les cadres traditionnels de gestion des risques. Par exemple, dans le domaine des feux de forêt, les entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle exploitent maintenant l’imagerie satellite pour fournir des renseignements détaillés sur les structures, leurs caractéristiques et leur environnement.

Cela permet d’avoir une perspective plus dynamique et plus précise des risques : par exemple, les perspectives en matière de risques de feux de forêt pour 2026 dans les zones récemment touchées par les événements d’Altadena et de Palisades doivent refléter non seulement la perte importante de végétation, mais aussi le fait que de nombreuses structures ont été reconstruites selon des normes plus strictes. Par conséquent, le profil de risque pour 2026 sera nettement différent de celui de 2025. L’intégration de données temporelles et spatiales à haute résolution peut améliorer la précision des risques, mais nécessite un partage plus fluide des données et des mises à jour plus fréquentes des modèles. Si ces échelles spatiales et temporelles plus fines sont essentielles, le défi permanent consiste à déterminer quelles données privilégier, car le volume d’information disponible ne cesse de croître.

6. Le secteur de l’assurance n’est pas seulement bien positionné, il fait partie intégrante de la solution.

Les séances ont mis en évidence les vastes connaissances, l’expertise et les ressources en matière de données et d’analyses dont dispose le secteur de l’assurance, ainsi que l’incidence considérable que peut avoir le partage stratégique de ces renseignements.

Comme nous l’avons mentionné plus tôt, bien que les modèles de feux de forêt intègrent souvent les meilleures données disponibles, il est important de reconnaître que ces modèles évoluent continuellement et ne représentent pas toujours toutes les mesures de résilience mises en place. L’expertise demeure essentielle pour bien interpréter les informations fournies par ces modèles, mais ceux-ci n’en restent pas moins des outils utiles.

Les dirigeants ont également souligné l’intérêt de compléter l’assurance traditionnelle avec des solutions de transfert de risques non traditionnels, comme l’assurance paramétrique, pour mieux gérer les risques de feux de forêt. Les solutions paramétriques sont particulièrement bien adaptées aux répercussions directes des feux de forêt, comme les frais d’interruption des activités ou les coûts de lutte contre les incendies, car elles permettent des paiements rapides sur la base de déclencheurs prédéfinis, tels que l’intensité de l’incendie ou la zone touchée, et sont conçues pour permettre un rétablissement plus rapide que l’assurance traditionnelle, laquelle repose sur de longues évaluations des sinistres. Cela vient compléter l’assurance traditionnelle en offrant un soutien financier potentiellement plus immédiat dans les événements de feux de forêt.

En tirant parti des données, des modèles et des mécanismes novateurs de transfert des risques, le secteur de l’assurance peut jouer un rôle central dans le recensement des zones à haut risque et le déploiement de stratégies ciblées pour atténuer les pertes potentielles.

Perspectives pour la COP30

À mesure que les risques liés aux feux de forêt continuent d’évoluer, nos approches doivent également évoluer, en adoptant l’innovation, des stratégies adaptatives et un engagement intersectoriel. Le dialogue engagé lors de la Climate Week de cette année constitue une excellente base pour une collaboration et une action continues, et de nombreuses discussions cruciales devraient se poursuivre lors de la COP30. 

Pour en savoir plus, remplissez le formulaire et discutez avec un représentant de Marsh.

Renseignements connexes

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