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Risques liés aux ports et aux terminaux : comprendre les risques, les coûts et les répercussions sur la chaîne d’approvisionnement

Les heurts dans les ports et les terminaux peuvent entraîner des dommages coûteux, des pertes d’exploitation et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement; l’assurance et la gestion des risques sont essentielles pour se protéger contre ces risques.

Les accidents dans les ports et les terminaux sont une réalité malheureuse, mais fréquente liée aux activités maritimes. Bien que les incidents catastrophiques, comme le heurt tragique d’un porte-conteneurs avec le pont Francis Scott Key, fassent souvent la une des actualités en raison de leurs conséquences dramatiques, le secteur maritime aux États-Unis est confronté à un nombre constant d’événements moins graves, mais dont l’incidence est tout aussi importante, dans les ports et les voies navigables. Ces événements se produisent régulièrement, parfois chaque semaine ou chaque mois. Ils présentent des risques multiples, pouvant toucher non seulement les navires impliqués, mais aussi l’infrastructure portuaire, les activités des terminaux et la chaîne d’approvisionnement. Les parties prenantes de l’ensemble de l’écosystème maritime doivent comprendre ces risques, leurs répercussions financières et leurs effets sur le commerce.

Les coûts cachés : des incidents majeurs aux perturbations quotidiennes

Les heurts dans les ports et les terminaux prennent de nombreuses formes, des gros navires océaniques qui entrent en collision avec des ponts ou des quais jusqu’aux barges qui se détachent et qui entrent en collision avec des ponts ferroviaires sur des voies navigables intérieures. Bien que les incidents majeurs causant des milliards de dollars en dommages soient rares, des heurts moins graves se produisent à une fréquence surprenante. Les données de 2022 montrent au moins 2 400 incidents dans les ports et les terminaux maritimes aux États-Unis, avec environ 50 % d’incidents dans les limites du port ou du terminal, y compris au poste à quai, dans les installations intérieures, à l’ancrage ou pendant le transport portuaire.

Les conducteurs de barges et de remorqueurs sur le fleuve Mississippi et les Grands Lacs sont fréquemment confrontés à des heurts qui perturbent la circulation ferroviaire et routière, endommagent les infrastructures et entraînent parfois des accidents tragiques. L’un des facteurs aggravants est la pression opérationnelle sur les ports et les terminaux causée par l’augmentation de la taille des navires et du volume de chargement, ce qui augmente le risque d’accident et peut compliquer l’intervention en cas d’incident. Bien que plusieurs de ces incidents puissent sembler de moindre ampleur, leur effet cumulatif représente un risque important pour les ports, les terminaux et les entreprises de transport.

Les coûts de réparation au-delà du navire

Lorsqu’un heurt se produit, la priorité est souvent accordée aux dommages subis par le navire et aux coûts de réparation. Par exemple, il a fallu six mois pour réparer le Cuauhtémoc, un voilier de la marine mexicaine qui a heurté le pont de Brooklyn en mai 2025.

Toutefois, l’impact financier peut s’étendre bien au-delà du navire lui-même. Les ports et les terminaux subissent fréquemment des dommages aux infrastructures essentielles, comme les quais, les grues, les lignes ferroviaires et les pipelines. La réparation ou le remplacement de ces actifs peuvent être coûteux et prendre beaucoup de temps.

Par exemple, les grues à portique, ces grandes machines qui chargent et déchargent les conteneurs, peuvent coûter des dizaines de millions de dollars chacune, avec des délais de remplacement allant jusqu’à deux ans. Entre 2019 et 2023, une compagnie d’assurance a déclaré 95 réclamations liées aux heurts entre la flèche d’une grue et un navire, dont les coûts assurés dépassaient 9 millions de dollars américains.

Les dommages aux quais ou aux infrastructures ferroviaires nécessitent souvent une coordination avec plusieurs organismes, y compris le corps de génie de l’armée et les autorités locales, ce qui complique et retarde les réparations. De plus, les heurts peuvent causer des dommages environnementaux, comme des déversements de pétrole ou des fuites de produits chimiques, ce qui entraîne des coûts de nettoyage supplémentaires et une surveillance réglementaire accrue. Les coûts de réparation peuvent rapidement devenir des réclamations de plusieurs millions de dollars en raison de la complexité et de la valeur élevée des actifs portuaires.

Les coûts cachés des pertes d’exploitation

Les dommages matériels ne sont qu’une partie de l’histoire. Les heurts entraînent souvent des pertes d’exploitation importantes qui peuvent paralyser les activités dans les ports et les terminaux. Lorsqu’un quai ou une grue est hors service, ou lorsque les cours d’eau sont bloqués, le transport peut ralentir ou même s’arrêter complètement. Cette perturbation affecte non seulement l’entreprise de transport concernée, mais aussi les nombreuses autres entreprises qui dépendent du bon déroulement des activités portuaires.

Les exploitants de terminaux sont généralement confrontés à des pertes de revenu pendant les temps d’arrêt, mais de nombreuses polices d’assurance de biens standard ne couvrent que les pertes d’exploitation en cas de dommages matériels directs au bien assuré. Si un heurt bloque une voie navigable sans endommager le terminal lui-même, les exploitants peuvent se retrouver sans couverture en cas de perte de revenus. Cet écart de protection peut exposer beaucoup d’exploitants à des risques de pertes financières importants.

De plus, les retards dans le mouvement des marchandises peuvent se répercuter dans la chaîne d’approvisionnement, ce qui peut affecter les fabricants, les détaillants et les consommateurs. Par exemple, un heurt qui bloque un port important peut retarder les expéditions de matières premières et de produits finis, entraînant des arrêts de production, des pénuries de stock et une augmentation des coûts dans l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

L’effet d’entraînement des répercussions sur la chaîne d’approvisionnement

Les répercussions des heurts dans les ports et les terminaux sur la chaîne d’approvisionnement sont souvent sous-estimées. Les principaux ports américains sont des nœuds critiques dans les réseaux commerciaux; 69 % de toutes les marchandises vendues ou achetées par les États-Unis sont transportées par voie navigable, principalement par des navires océaniques. Sur le plan de la valeur, les navires transportent plus de 41 % de la valeur totale des marchandises vendues et achetées par les États-Unis, ce qui signifie que toute perturbation peut avoir des conséquences considérables.

L’incident du pont de Baltimore de 2023, par exemple, a non seulement interrompu le trafic commercial, mais a également causé des retards importants dans le transport de conteneurs, affectant les importateurs et les exportateurs de plusieurs secteurs. Même les heurts mineurs peuvent perturber les chaînes d’approvisionnement. Lorsque des navires entrent en collision avec des quais ou des grues, ou lorsque les barges se détachent et bloquent les cours d’eau, les retards qui en résultent peuvent se répercuter ailleurs, provoquant un véritable bouleversement dans la planification des activités des compagnies de navigation, des entreprises de camionnage et des opérateurs ferroviaires. Ces perturbations peuvent augmenter les coûts de transport, réduire la disponibilité des stocks et, en fin de compte, affecter les consommateurs.

Le facteur humain et les complexités juridiques

Les heurts peuvent également présenter des risques humains et des défis juridiques. Les blessures subies par les dockers, les débardeurs et les équipages de navires peuvent entraîner des réclamations d’indemnisation des accidents du travail et des litiges. Il est souvent complexe de déterminer la responsabilité dans ces incidents, impliquant plusieurs parties, comme les exploitants de navires, les propriétaires de terminaux et les entrepreneurs.

Les réclamations d’assurance liées aux heurts peuvent prendre des années à traiter en raison des litiges relatifs à la responsabilité et à la couverture. Les exploitants de navires peuvent chercher à limiter leur responsabilité en vertu de la loi maritime, tandis que les exploitants de terminaux peuvent chercher à obtenir réparation par l’intermédiaire de poursuites ou de réclamations d’assurance. Ces litiges peuvent ajouter aux charges financières et opérationnelles auxquelles sont confrontées toutes les parties.

Atténuation des risques liés aux ports et aux terminaux

Compte tenu de la fréquence et de la complexité des heurts dans les ports et les terminaux, une gestion efficace des risques est primordiale. Les exploitants doivent chercher à obtenir une couverture d’assurance complète qui couvre de façon appropriée non seulement les dommages matériels, mais aussi les pertes d’exploitation et les perturbations commerciales.

Les produits d’assurance spécialisés, comme l’assurance pour perturbation des activités commerciales, peuvent combler les lacunes laissées par les polices d’assurance de biens traditionnelles. Ces produits offrent une protection des revenus lorsque les activités sont interrompues en raison d’incidents qui ne causent pas de dommages matériels directs au bien assuré. Même si le recours à cette couverture est limité, sa valeur peut se révéler utile à la suite d’un heurt.

De plus, le maintien de protocoles de sécurité robustes, l’investissement dans la résilience des infrastructures et le renforcement de la communication avec les organismes de réglementation peuvent contribuer à atténuer les risques causés par les heurts et à réduire la gravité des incidents.

Protection des activités maritimes : stratégies en matière d’assurance et de risques liés aux heurts

Le rythme constant des incidents de heurt dans les ports et les terminaux présente des risques continus qui peuvent entraîner des coûts de réparation importants, des pertes d’exploitation et des interruptions de la chaîne d’approvisionnement.

Les entreprises de transport, les exploitants de terminaux et les assureurs doivent comprendre ces risques et se préparer en conséquence. Des solutions d’assurance complètes, une gestion proactive des risques et une sensibilisation aux répercussions sur la chaîne d’approvisionnement, entre autres, peuvent aider les parties prenantes à mieux gérer les complexités liées aux heurts dans les ports et les terminaux et à protéger leurs activités contre les incidents futurs.