Skip to main content

Article

Exploiter la nature pour renforcer la résilience

Libérer le potentiel des solutions fondées sur la nature dans la gestion des risques climatiques.

Libérer le potentiel des solutions fondées sur la nature dans la gestion des risques climatiques

À mesure que les effets des changements climatiques s’intensifient, il devient plus urgent que jamais de renforcer la résilience face aux risques climatiques physiques, comme les inondations, les ouragans, les sécheresses et les épisodes de chaleur extrême. Parallèlement, les écosystèmes naturels qui ont toujours constitué la première ligne de défense se détériorent, menaçant la biodiversité et les avantages protecteurs qu’ils procurent.

Le Rapport sur les risques mondiaux 2026, élaboré par le Forum économique mondial, a classé les phénomènes météorologiques extrêmes, la perte de biodiversité et l’effondrement des écosystèmes parmi les principaux risques mondiaux pour les 10 prochaines années.

Les solutions fondées sur la nature gagnent du terrain pour relever ce double défi, dans le cadre d’une stratégie globale de gestion des risques climatiques. Ces solutions soulignent la nécessité de travailler avec la nature, et non contre elle, pour protéger les communautés, les biens et les économies. À l’avenir, l’accent sera mis sur la façon dont les organisations peuvent commencer à exploiter la nature pour renforcer leur résilience et sur la façon dont elles peuvent augmenter efficacement le financement des solutions fondées sur la nature. 

Relever un double défi : les risques climatiques et la perte de nature

Le double défi consiste à accroître la résilience face aux risques climatiques tout en luttant contre le déclin des écosystèmes naturels. Les solutions fondées sur la nature s’efforcent de relever ces deux défis simultanément en mettant en œuvre des mesures visant à protéger, conserver, restaurer et gérer les écosystèmes naturels. 

Par exemple, les actions qui contribuent au maintien d’un écosystème forestier sain peuvent réduire le risque de glissements de terrain et d’inondations en stabilisant le sol grâce à leur système racinaire et en absorbant les excès de pluie. De plus, les forêts abritent une grande variété d’espèces végétales et animales, et elles capturent et stockent de grandes quantités de dioxyde de carbone. Ces avantages protègent les communautés et les infrastructures, renforçant ainsi la résilience climatique.

Cependant, des défis subsistent en matière de mise à l’échelle et de financement des solutions fondées sur la nature. Il est essentiel de faire progresser les méthodologies normalisées et d’améliorer la qualité des données afin de faciliter le flux de capitaux publics et privés vers des interventions de protection durables et fondées sur la nature.

Intégrer les infrastructures vertes et grises

La combinaison des solutions fondées sur la nature et des infrastructures techniques peut constituer un bon point de départ pour mettre en place un système de défense puissant et intégré.

Les stratégies de protection à couches multiples qui utilisent des infrastructures vertes (fondées sur la nature) et grises (techniques) sont de plus en plus précieuses pour la résilience climatique. Les zones tampons naturelles comme les milieux humides, les marais, les dunes et les infrastructures vertes urbaines peuvent réduire les ondes de crue, dissiper l’énergie des vagues et gérer les eaux pluviales, complétant ainsi les défenses artificielles traditionnelles comme les digues et les murs d’endiguement. 

Ces approches hybrides peuvent offrir des avantages connexes, notamment l’amélioration de la biodiversité, l’atténuation de la chaleur urbaine et la séquestration du carbone. Certains projets envisagent d’associer des défenses côtières artificielles à des habitats écologiques pour protéger les zones densément peuplées et à forte valeur ajoutée, tandis que les efforts de restauration des corridors urbains et fluviaux peuvent contribuer à gérer les risques d’inondation à l’intérieur des terres.

Développer le financement de la nature

Avec plus de la moitié du PIB mondial dépendant de la nature, il est impératif de combler le déficit d’investissement pour atteindre les objectifs en matière de biodiversité et de conservation. Le financement de la nature est de plus en plus reconnu comme un élément essentiel de la finance durable.

Une étape cruciale vers la généralisation des solutions fondées sur la nature consiste à quantifier leur valeur protectrice en termes financiers. Des recherches récentes menées le long du littoral de la Floride ont démontré que les écosystèmes naturels peuvent réduire considérablement l’exposition aux risques. Même après avoir pris en compte d’autres facteurs de risque d’inondation, cette étude a révélé que la fréquence des réclamations d’assurance avait diminué de moitié environ dans les zones où la protection des habitats côtiers était élevée.

Le paysage financier lié à la nature est multifacette et englobe des instruments de transition comme les obligations liées à la durabilité, les investissements directs dans des entreprises d’actifs naturels et les crédits environnementaux. Les catégories d’actifs traditionnelles, comme la foresterie et l’agriculture durables, peuvent offrir des occasions de placement plus immédiates avec des rendements attrayants, tandis que les solutions émergentes comme les crédits de biodiversité et les technologies naturelles nécessiteront un développement supplémentaire et un soutien politique.

Un exemple récent est la législation du Royaume-Uni sur le gain net pour la biodiversité, qui démontre un potentiel important pour débloquer de nouvelles sources de financement pour la gestion naturelle des risques d’inondation. Cette approche suscite un intérêt croissant à l’échelle mondiale, d’autres régions explorant des cadres similaires adaptés à leurs profils de risque uniques. Du point de vue des investisseurs, il sera nécessaire de comprendre comment ces solutions se traduisent par une réduction tangible des risques et des rendements financiers.

La quantification des avantages des interventions fondées sur la nature nécessite des modèles avancés capables d’intégrer avec précision la nature dans les analyses des dangers, des risques et de la vulnérabilité. Bien qu’il soit techniquement possible d’intégrer les solutions fondées sur la nature dans l’analyse des risques, cela ne constitue pas encore une pratique courante. Des exemples concrets, comme les efforts de restauration des terres humides en Louisiane après les ouragans, notamment Katrina, illustrent les efforts continus visant à démontrer la valeur protectrice de la nature au monde financier et aux assureurs. Cependant, la mise à niveau des outils de modélisation pour refléter ces avantages nécessite des investissements et une collaboration considérables. Au-delà du financement des risques, ces analyses contribuent également à établir la justification d’investissement des projets de solutions fondées sur la nature.

Comment le secteur de l’assurance s’intègre dans le casse-tête

L’engagement du secteur de l’assurance en faveur de la nature évolue, avec des progrès prometteurs dans la modélisation des avantages de la réduction des risques et l’expérimentation de solutions d’assurance qui intègrent ces avantages. On peut citer comme exemples les polices paramétriques qui soutiennent la gestion forestière afin de réduire les risques de feux de forêt et les ajustements des assurances récoltes qui récompensent les pratiques agricoles durables.

Cependant, des défis subsistent. Les modèles de catastrophes ont encore du chemin à parcourir pour intégrer les réductions de risques localisées fondées sur la nature, et les nouveaux produits d’assurance favorables à la nature peuvent se heurter à des problèmes d’accessibilité financière et de viabilité commerciale.

Les assureurs ont la possibilité de jouer un rôle consultatif, de plaider en faveur d’investissements publics dans la nature et d’innover en matière de produits d’assurance qui soutiennent la conservation et la restauration. La collaboration intersectorielle et la garantie d’un accès équitable aux protections fondées sur la nature et à la couverture d’assurance, en particulier pour les communautés défavorisées, sont des considérations importantes.

Voici quelques questions qui pourraient servir de point de départ à la conversation :

  • Quel rôle joue la nature pour rendre une zone assurable ou investissable? 
  • Comment des solutions d’assurance novatrices peuvent-elles être utilisées pour encourager les investissements dans des solutions fondées sur la nature? 
  • À quelle vitesse pouvons-nous déployer ces solutions, étant donné que les changements climatiques et la perte de nature se renforcent mutuellement, affaiblissant les écosystèmes qui nous protègent contre les inondations, les feux de forêt, la sécheresse et les conditions météorologiques extrêmes, et érodant la capacité de la nature à absorber les émissions?

Rapprocher les capitaux publics et privés

Pour financer efficacement l’adaptation fondée sur la nature, il faudra réunir les capitaux publics et privés. Il est essentiel d’atteindre une échelle suffisante pour attirer les investissements institutionnels, de quantifier les avantages pour élaborer des analyses de rentabilité solides et de mettre au point des modèles de financement novateurs qui dépassent la dépendance aux subventions pour s’orienter vers des structures de financement mixtes.

On peut citer comme exemples les collaborations entre les pouvoirs locaux et les investisseurs privés sur des projets d’investissement dans la nature, ainsi que les initiatives intégrées de gestion des inondations qui combinent la compensation carbone et la réduction des risques d’inondation. L’harmonisation des mesures incitatives entre les différentes parties prenantes, notamment les assureurs, les banques, les investisseurs et les entreprises de construction, crée un écosystème favorable à la mise à l’échelle du financement fondé sur la nature.

La voie à suivre

Si les solutions fondées sur la nature offrent des perspectives prometteuses pour renforcer la résilience et créer des occasions d’investissement, ce domaine en est encore à ses débuts. La mise à l’échelle de ces solutions nécessite une innovation continue dans la modélisation des risques, la conception de produits d’assurance, les cadres d’investissement et la collaboration entre les secteurs public et privé.

Les principales priorités sont les suivantes :

  • Élaborer des méthodes normalisées pour quantifier et intégrer les avantages de la réduction des risques liés à la nature dans les modèles d’assurance et d’investissement
  • Créer des projets de solutions fondées sur la nature évolutifs et investissables qui attirent les capitaux institutionnels
  • Harmoniser les incitatifs entre les parties prenantes pour favoriser des écosystèmes financiers durables
  • Améliorer les cadres politiques et réglementaires pour soutenir le financement de la nature
  • Garantir un accès équitable aux protections et aux assurances fondées sur la nature pour les communautés vulnérables

Il s’agit à la fois de valoriser la nature pour elle-même et de répondre aux risques climatiques fondamentaux par des solutions intelligentes et présentant des avantages multiples qui exploitent le pouvoir de la nature. Le nombre croissant de recherches, de projets pilotes et d’initiatives intersectorielles offre une feuille de route prometteuse pour intégrer la nature au cœur de la résilience et de la gestion des risques climatiques.

Parlez à un représentant Marsh

Entamons la conversation. Entrez quelques détails et discutons.

Renseignements connexes