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Résilience contre les cyberrisques dans le secteur manufacturier connecté : comment protéger les environnements de TO et de TI

Le secteur manufacturier moderne est passé d’environnements isolés et contrôlés manuellement à des écosystèmes hautement connectés de plateformes infonuagiques, de systèmes d’accès à distance et de machines de plus en plus autonomes. Ces progrès ont permis de réaliser des gains de productivité réels, mais ils ont aussi considérablement élargi les possibilités de cyberattaque. 

Diriger avec résilience : l’impératif du constructeur moderne

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*Disponible uniquement en anglais

Pourquoi la gestion des cyberrisques devient-elle maintenant une norme opérationnelle de base?

Les contrôleurs programmables traditionnels, les systèmes SCADA, les interfaces homme-machine (IHM) et les capteurs industriels n’ont jamais été conçus en faisant de la cybersécurité une exigence primordiale. Pourtant, aujourd’hui, ces systèmes de TO sont interconnectés avec les réseaux informatiques et les organisations tierces par l’intermédiaire de voies d’accès à distance, créant ainsi des risques à chaque jonction.

Les conséquences des cyberincidents dans le secteur manufacturier vont bien au-delà de la perte de données : arrêts de production, risques pour la sécurité, dommages à l’équipement, préjudices environnementaux, sanctions réglementaires, pertes de revenus importantes, etc. La cyberrésilience doit donc être traitée comme une norme opérationnelle de base, et non comme une initiative du service des TI.

Les TI et les TO dans le secteur manufacturier : une distinction importante

Technologies de l’information (TI) : systèmes utilisés pour la gestion des données, le suivi et la maintenance des actifs, la surveillance de la sécurité et des risques et la production de rapports financiers. Les systèmes de TI gèrent les flux d’information dans l’ensemble de l’entreprise.

Technologies opérationnelles (TO) : systèmes et équipements utilisés pour gérer et contrôler les opérations physiques – systèmes de contrôle industriel, contrôleurs programmables, systèmes SCADA, IHM, capteurs, et outils d’automatisation. Les TO contrôlent le monde physique. Avec la convergence des systèmes de TI et de TO, les vulnérabilités présentes dans l’un de ces domaines peuvent désormais compromettre l’autre.

Les quatre principales cybermenaces auxquelles font face les constructeurs

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Attaques délibérées visant une organisation, une installation ou un processus de production précis. Ces attaques exploitent souvent les vulnérabilités connues des voies d’accès de confiance.

Conséquences potentielles : temps d’arrêt prolongés, risques pour la sécurité, coûts élevés de rétablissement et d’extorsion.

Attaques aveugles visant à détecter à grande échelle les systèmes exposés et vulnérables. Les organisations manufacturières sont fréquemment touchées en raison d’anciens systèmes et de la connectivité à distance. 

Conséquences potentielles : pannes de production soudaines causées par une propagation rapide de logiciels malveillants.

Accès par l’intermédiaire de fournisseurs, d’intégrateurs de systèmes, de fournisseurs de logiciels ou de fournisseurs d’équipement ayant accès aux environnements de fabrication. 

Conséquences potentielles : perturbation généralisée du secteur, confinement difficile, perte de confiance des fournisseurs.

Incidents causés par une erreur humaine, une mauvaise utilisation de l’accès, une mauvaise configuration ou un manque de sensibilisation plutôt que par une intention malveillante. 

Conséquences potentielles : dommages à l’équipement, conditions d’exploitation dangereuses, temps d’arrêt opérationnel.

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Contrôles recommandés pour les dirigeants du secteur manufacturier

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une liste exhaustive, voici quelques mesures de cybersécurité fortement recommandées aux constructeurs canadiens : 

Nécessite deux formes d’authentification ou plus pour l’accès à distance, les comptes privilégiés, les postes de travail d’ingénierie, les plateformes infonuagiques et les sauvegardes. Particulièrement essentielle lorsque les fournisseurs et les tiers accèdent aux systèmes de TO à distance.

Résultat en matière de résilience : Empêche que le vol ou la compromission des identifiants ne se transforme en incident ayant une incidence sur la production.

Effectuer régulièrement des sauvegardes chiffrées et tester les capacités de restauration. Les sauvegardes doivent couvrir non seulement les systèmes de TI, mais aussi les configurations de TO critiques, la logique de contrôleur programmable, les IHM et les systèmes d’historisation.

Résultat en matière de résilience : Permet une restauration rapide après une cyberperturbation ou une perte de données, limitant ainsi les temps d’arrêt opérationnels.

Déployer des outils de surveillance et d’intervention sur les postes de travail d’ingénierie, les postes d’opérateur et les serveurs pour détecter et bloquer les menaces rapidement.

Résultat en matière de résilience : Améliore la détection et le confinement précoces des cybermenaces avant qu’elles n’atteignent les systèmes de production.

Établir des plans d’intervention qui définissent clairement les rôles, les recours hiérarchiques et l’autorité décisionnelle. Assurez-vous de couvrir les scénarios liés aux TO, comme les rançongiciels, la perte de systèmes de contrôle et les conditions d’exploitation dangereuses. Les plans doivent comprendre les dirigeants de l’usine, pas seulement les équipes des TI et des TO.

Résultat en matière de résilience : Permet une intervention rapide et coordonnée afin de minimiser les répercussions sur les activités et la sécurité.

Appliquer les correctifs à l’aide d’une approche fondée sur les risques qui priorise les vulnérabilités critiques tout en coordonnant les changements aux calendriers de production. Lorsque des correctifs ne sont pas possibles pour les systèmes existants, des contrôles compensatoires (comme l’isolation du réseau) doivent être mis en œuvre.

Résultat en matière de résilience : Réduit l’exposition aux failles connues sans perturber les opérations.

Adopter des cadres de gestion des risques de tiers, effectuer des évaluations régulières et assurer une surveillance continue des fournisseurs, des intégrateurs, des fournisseurs de logiciels et des fournisseurs d’équipement.

Résultat en matière de résilience : Limite l’exposition aux cyberincidents liés aux tiers et aux fournisseurs.

Mesurer les répercussions financières des cyberrisques

Pour obtenir l’engagement des cadres supérieurs et prioriser les investissements, les responsables de la sécurité et de la gestion des risques doivent exprimer les cyberrisques en termes financiers et opérationnels. Voici trois approches efficaces :

1. Évaluations des risques :

Identifier les actifs essentiels, les dépendances de production et les temps d’arrêt potentiels pour estimer les coûts de reprise et les risques réglementaires.

2. Analyse des incidents historiques :

Passer en revue les données sur les incidents internes et à l’échelle du secteur pour comprendre la fréquence, les délais de récupération et les coûts réels.

3. Modélisation de scénarios :

Evaluer des scénarios précis (rançongiciel affectant la production, attaques causant des dommages matériels, etc.) à l’aide d’une modélisation stochastique des pertes pour un risque dynamique.