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Utiliser des régimes d’avantages sociaux pour atténuer la crise de la santé mentale

Une bonne santé mentale a toujours été un élément essentiel du bien-être général, mais les entreprises prennent maintenant davantage conscience du rôle qu’elles peuvent jouer pour aider les employés à y parvenir.

Il est plus urgent que jamais de s’attaquer aux problèmes de santé mentale en milieu de travail, car un plus grand nombre de personnes souffrent de troubles tels que ceux liés au stress et aux traumatismes, mais aussi l’anxiété, la dépression et la toxicomanie.

Cette intensification est en partie attribuable à la propagation de la COVID-19. Des mesures telles que l’isolement volontaire et le confinement ont entraîné une augmentation des facteurs contributifs, notamment la solitude, l’inquiétude, l’insomnie, l’automutilation et la violence familiale.

En même temps, de nombreux employés éprouvent de nouveaux facteurs de stress dans leur vie quotidienne, les générations Z et Y étant particulièrement touchées. Les auteurs d’un article de recherche publié dans la revue International Journal of Environmental and public Health ont dépisté les symptômes de stress, d’anxiété et de dépression tout au long de la pandémie. Leur étude a révélé que les symptômes perçus étaient beaucoup plus élevés chez les personnes de 25 ans et moins et plus faibles chez celles de plus de 60 ans. Les scores moyens diminuaient à chaque passage d’une tranche plus jeune à une tranche plus âgée.

Dans tous les groupes démographiques, les inquiétudes financières ont augmenté de façon spectaculaire en raison des crises économiques mondiales, de l’inflation et des augmentations du coût de la vie. Le manque de sécurité d’emploi et la crainte des redondances sont également des préoccupations importantes pour beaucoup de gens. Une étude menée par l’American Psychological Association a révélé que les Américains aux prises avec un plus grand stress financier sont plus susceptibles de présenter des modes d’adaptation au stress problématiques, comme fumer ou boire[1]

Pire encore, la pandémie a également perturbé la prestation des services de santé mentale, ce qui a compliqué la recherche de traitement, de soutien et d’intervention précoce. Étant donné que de nombreux pays n’ont pas atteint les objectifs énoncés par l’Organisation mondiale de la Santé dans son Plan d’action global pour la santé mentale 2013-2020, la plupart n’étaient pas prêts à relever ces défis[2]

Il n’est pas surprenant que cette augmentation des problèmes de santé mentale ait un effet de ricochet sur les coûts des demandes de remboursement de frais médicaux dans le monde entier. Dans le cadre de l’étude sur les tendances en santé de 2021 menée par MMB, les assureurs ont déterminé que la COVID-19 et le risque émotionnel ou mental étaient les principaux facteurs influençant le montant des coûts des régimes de soins médicaux fournis par l’employeur.

Mais les coûts ne sont pas la seule raison pour laquelle les employeurs devraient se préoccuper du bien-être mental de leur main-d’œuvre. Une mauvaise santé mentale peut entraîner une augmentation des absences, une baisse de la productivité et un roulement élevé du personnel. Les employeurs qui contribuent au stress de leurs employés deviendront de plus en plus une source de dommages à la réputation. Ils peuvent également contribuer à la survenue d’incidents graves mettant en cause une action fautive, des erreurs et des omissions, ainsi que des problèmes de sécurité, y compris la violence en milieu de travail en raison d’une déficience cognitive causée par un stress non géré.

La bonne nouvelle, c’est que les occasions de combler les lacunes des régimes de soins de santé et de fournir des soins de santé mentale à la main-d’œuvre se poursuivront en 2022. Les employeurs peuvent faire ce qui s’impose et s’acquitter de leurs obligations sociétales croissantes tout en protégeant la santé de leurs entreprises.

Selon notre étude sur les tendances médicales, le nombre d’assureurs offrant du soutien en santé mentale a augmenté. Seulement un assureur sur quatre (26 %) n’offre aucune couverture en ce qui a trait à la santé mentale, comparativement à un assureur sur trois (32 %) l’an dernier[3]

De plus, notre étude Santé à la carte montre que les travailleurs se tournent de plus en plus vers leurs employeurs qu’ils perçoivent comme des fournisseurs de confiance pour ce qui est du soutien en santé. En effet, la prestation de services de santé mentale est un facteur de différenciation fondamental, qui peut stimuler l’acquisition et la rétention de talents. (Cette recherche montre que 42 % des employés qui ont accès à des prestations de santé mentale sont moins susceptibles de quitter l’entreprise comparativement à 27 % de ceux qui n’ont aucun accès.) De même, les personnes dont l’employeur offre un large éventail d’avantages sociaux en matière de santé et de bien-être sont plus fidèles, plus impliquées et moins susceptibles de quitter l’entreprise.

Nous avons observé de solides indicateurs des avantages sociaux auxquels les employés attachent le plus d’importance. La moitié des employés affirment qu’ils accorderaient de l’importance à la couverture d’assurance pour réduire le coût des traitements en santé mentale. Toutefois, les employeurs doivent veiller à ce que les solutions en santé mentale couvrent l’ensemble du continuum de soins afin que les besoins individuels puissent être satisfaits.

Figure 1 :

La stratégie en matière de soins de santé mentale devrait porter sur le continuum complet des soins

* Tableau disponible en anglais seulement.

Les employeurs doivent également être au courant des variations régionales et des lacunes dans les offres de services de santé mentale.

Par exemple,notre Rapport sur les tendances en matière de santé révèle les faits suivants :

  • Seulement un assureur sur trois (33 %) offre ou couvre l’accès à des services virtuels de conseils en santé mentale, même si près d’une personne sur deux (47 %) y accorde de l’importance.
  • Sept assureurs européens et latino-américains sur dix (71 %) offrent des services de conseils en santé mentale, comparativement à seulement un assureur sur trois (34 %) en Asie.
  • Seulement un assureur sur dix (10 %) fournit des outils de gestion de la dépendance et de la toxicomanie, même si les deux cinquièmes des gens (42 %) considèrent que de tels outils sont très utiles ou extrêmement utiles.

Partout dans le monde, les employeurs ont l’occasion de faire une différence concrète dans la vie des gens en investissant dans des programmes de santé mentale.

De nombreuses organisations mettent en œuvre des composantes propres à la santé mentale en tant qu’aspects incontournables de leurs stratégies globales en matière de santé et de bien-être. Bien que l’éducation en matière de santé ne soit qu’une partie de la solution, il s’agit d’un élément important qui peut comprendre des ateliers portant sur des sujets comme la gestion du stress, la résolution de conflits, l’affirmation de soi, la communication efficace, les relations et les premiers soins psychologiques, et plus encore. À titre d’exemple, l’équipe de Mercer Marsh Avantages Sociaux au Mexique aide les organisations à mettre en œuvre des webinaires au sujet de la diversité et l’inclusion pour leurs employés ainsi que des séances de formation en leadership portant sur l’inclusion dans le milieu de travail, ou encore des sondages sur la diversité organisationnelle et l’inclusion afin d’évaluer les types de mesures nécessaires.  

Mesures à prendre

L’assurance est une solution, mais les employeurs devraient veiller à ce que le coût des soins ne constitue pas un obstacle. Cela signifie qu’il faut intervenir rapidement et, dans la mesure du possible, créer une culture de la santé qui tient compte du bien-être mental avant que le traitement ne soit nécessaire.

Cela commence par une stratégie complète en matière de santé mentale qui comprend le soutien des pairs et des superviseurs, une culture d’entreprise saine et des solutions ciblées qui complètent le programme de consultation personnelle.

Les employeurs qui fournissent ces interventions à l’appui de la santé mentale des employés seront plus susceptibles de tirer parti de l’amélioration de l’expérience de la gestion des demandes de règlement et des risques d’entreprise en général. La prestation de telles solutions contribue également à résoudre l’important processus de déstigmatisation de la santé mentale en milieu de travail.

Trois mesures à prendre dès maintenant

  • Comprenez les besoins de votre main-d’œuvre en matière de santé mentale. Une évaluation annuelle des risques pour la santé devrait englober une section sur la santé mentale qui explore les niveaux d’anxiété, de dépression et d’épuisement professionnel, ainsi que les habitudes en matière d’autosoins.
  • Surveillez le paysage pour trouver de nouvelles solutions de santé mentale de haute qualité qui couvrent toute la gamme des services, de la prévention aux régimes de traitement. Cherchez des moyens de financer l’accès aux besoins de base, notamment inclure la thérapie dans l’assurance médicale. 
  • Élaborez une stratégie de santé mentale pour votre main-d’œuvre qui vise non seulement à soutenir les personnes malades, mais aussi à améliorer le bien-être général et à inclure une formation en santé mentale.

[1] American Psychological Association. Stress in America: Paying With Our Health, 2015, disponible à l’adresse https://www.apa.org/news/press/releases/stress/2014/financial-stress.

[2] Organisation mondiale de la Santé. Plan d’action global pour la santé mentale 2013–2020, 2013, disponible à l’adresse https://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/89966/9789241506021_eng.pdf.

[3] Ibid.


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